(New York et Toronto) La Bourse de New York a bondi lundi, accentuant ses gains peu avant la clôture, dans un marché plus rassuré par les derniers développements liés à la pandémie de coronavirus aux États-Unis et dans le monde.

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a grimpé de 7,73 %, à 22 679,99 points.  

Les 30 valeurs qui le composent ont toutes fini dans le vert.

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a pris 7,33 %, à 7913,24 points, et l’indice élargi S&P 500 est monté de 7,03 %, à 2663,68 points.

La Bourse de Toronto a profité de la hausse du cours du lingot d’or, qui a brièvement franchi le cap des 1700 $ US l’once et atteint son plus haut niveau en sept ans, ce qui a contrebalancé l’impact d’une baisse du cours du pétrole brut.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a gagné 654,40 points, soit 5,1 %, pour terminer la journée avec 13 592,70 points. Il s’agit de son plus haut niveau en environ trois semaines.

Les onze secteurs du TSX ont avancé, en particulier ceux de la consommation discrétionnaire, des services publics et de la santé.

« La réaction d’aujourd’hui s’appuie vraiment sur le fait que nous avons commencé à voir ce que j’appellerais de très petites lueurs d’espoir, dans la progression contre la propagation mondiale du virus au cours du week-end », a affirmé Craig Fehr, stratège en investissement pour la firme Edward Jones.

Les nouveaux cas de COVID-19 et les nouveaux décès montrent des signes de ralentissement en Italie et en Espagne.

À New York, la capitale financière des États-Unis et l’épicentre des infections au pays, le nombre de décès quotidiens est resté stable pendant deux jours.

Selon M. Fehr, des séances de hausse comme celles de lundi se répéteront, mais probablement pas sans qu’elles soient séparées par des séances de baisse.

Malgré tout, il a souligné que les signes d’amélioration montrent que le virus a une durée de vie limitée. M. Fehr a ajouté que les marchés semblaient avoir largement accepté le fait que les données économiques vont être « incroyablement négatives » pour la fin du premier trimestre et une grande partie du deuxième trimestre.

« Mais une journée comme aujourd’hui reflète le fait qu’il existe un certain optimisme quant au fait que tout ne sera pas aussi lourd ou aussi persistant peut-être au second semestre », a-t-il affirmé lors d’une entrevue.

Le signalement de nouveaux cas en Chine et la nouvelle fermeture des salles de cinéma devraient rappeler aux gens la probabilité que le virus réapparaisse à l’automne, avec la disparition des températures plus chaudes, a ajouté M. Fehr.

Une partie de la volatilité du marché est attribuable au potentiel de propagation du virus après la lente réouverture de l’économie.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 70,79 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 70,71 cents US de vendredi.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut cédé 2,26 $ US à 26,08 $ US le baril, tandis que celui de l’or a progressé de 48,20 $ US à 1693,89 $ US l’once. Le prix du cuivre a grimpé de 2,5 cents US à 2,22 $ US la livre.

« Lumière au bout du tunnel »

Pour Peter Cardillo de Spartan Capital Securities, le bond de lundi est « lié au fait que le président Donald Trump et le vice-président Mike Pence ont indiqué voir la lumière au bout du tunnel » au sujet de la pandémie.

Le marché monte « avec l’espoir qu’on a peut-être atteint un pic dans la propagation du coronavirus », souligne l’expert avec notamment la baisse du nombre quotidien de décès dans plusieurs pays européens, dont l’Espagne.

En Italie, le bilan est toutefois reparti à la hausse lundi avec 636 nouveaux décès en 24 heures.

Au Japon, le gouvernement s’apprête à décréter l’état d’urgence et à dévoiler un plan massif de soutien à l’économie.

Quant aux États-Unis, malgré les déclarations plus rassurantes de MM. Trump et Pence, on dénombrait lundi plus de 10 300 morts et plus de 347 000 cas.

L’administrateur fédéral des services de santé publique a même prédit le week-end dernier que cette semaine pourrait être « un moment comme Pearl Harbor, comme le 11-Septembre, sauf que ce ne sera pas localisé. »

Les acteurs du marché étaient également attentifs à toute nouvelle annonce de mesures susceptibles de venir au chevet de l’économie américaine, durement frappée par les effets de la pandémie.

La Banque centrale américaine a ainsi annoncé lundi qu’elle allait se mobiliser pour participer au gigantesque plan de sauvetage des petites et moyennes entreprises, qui a démarré non sans mal la semaine dernière, mais semble prendre de la vitesse.

Le président de la Fed Jerome Powell doit s’exprimer jeudi matin.

« Toute nouvelle encourageante de sa part pourrait alimenter la hausse de Wall Street », prédit M. Cardillo.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine était en hausse, s’affichant à 0,6651 % vers 16 h 30 contre 0,5948 % vendredi à la clôture.

Aucun rapport économique majeur n’est prévu cette semaine aux États-Unis, « ce qui est sans doute tout aussi bien, car cela donne moins l’occasion de rappeler à quel point la situation est mauvaise en raison des mesures de confinement liées à la COVID-19 », souligne JJ Kinahan, de TD Ameritrade.

La place new-yorkaise sera par ailleurs fermée vendredi en raison du Vendredi saint.

Au rang des valeurs, Delta Air Lines a perdu 0,7 %. Vendredi après la clôture, la compagnie aérienne a prévenu que son chiffre d’affaires allait chuter de 90 % au 2e trimestre de son exercice à cause de la pandémie.

American Airlines et United Airlines se sont au contraire appréciés de 1,2 % et 5,0 %.

De son côté, Boeing a flambé de près de 20 % après avoir pourtant annoncé dimanche prolonger la suspension de ses activités dans l’État de Washington, où l’avionneur emploie environ 70 000 personnes.