(New York) Le pétrole a enregistré vendredi une deuxième séance de forte hausse consécutive, les investisseurs anticipant des coupes importantes de la production mondiale d’or noir pour soutenir les cours.

Agence France-Presse

Le baril américain de WTI pour mai a grimpé d’environ 12 %, ou 3,2 dollars,  pour s’établir à 28,34 dollars.  

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, a progressé de 14 % (4,17 dollars) à 34,11 dollars.

WTI et Brent avaient connu la veille la plus forte hausse de leur histoire sur une séance.

Sur l’ensemble de la semaine, le baril new-yorkais a gagné 32 % et le baril londonien 37 %.

Ils ont profité d’un coup d’accélérateur en fin de semaine avec des signaux envoyés par la Russie et l’Arabie saoudite, les deux pays ayant laissé entendre qu’ils s’apprêtaient à réduire leur production d’or noir.

« Prêts à une entente »

« Nous sommes prêts à une entente avec nos partenaires dans le cadre du mécanisme » OPEP+ «, et sommes prêts à coopérer avec les États-Unis à ce sujet », a ainsi affirmé le président russe Vladimir Poutine vendredi, lors d’une réunion en visioconférence avec son ministre de l’Énergie retranscrite sur le site du Kremlin.

« Selon des estimations préliminaires, je pense qu’il est possible qu’il s’agisse d’une baisse (de la production de pétrole) d’environ 10 millions de barils par jour. Peut-être un peu moins, peut-être un peu plus », a-t-il précisé.

De son côté, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a confirmé vendredi la tenue d’une réunion exceptionnelle de ses membres et alliés, dont la Russie, lundi.

Après l’échec en mars d’un sommet entre l’OPEP et ses partenaires sur une réduction volontaire de la production, Riyad et Moscou avaient décidé de se lancer dans une guerre des prix en inondant le marché de leurs barils.

Intervention des États-Unis

Les États-Unis, premiers producteurs de pétrole au monde, ont tenté de jouer les intermédiaires, s’inquiétant notamment des répercussions de prix trop bas sur les producteurs américains de pétrole de schiste.  

Jeudi, le président américain Donald Trump a évoqué dans des tweets de possibles coupes de la production saoudienne et russe, de l’ordre de dix millions de barils par jour.

Par ailleurs, le commissaire de l’autorité régulant la production du pétrole au Texas, Ryan Sitton, a affirmé vendredi sur CNBC qu’il se tenait prêt à limiter l’extraction de pétrole dans cet État si cela s’inscrivait dans le cadre d’un accord international.

Le Texas produit environ 40 % du pétrole extrait sur le sol américain.  

En plus d’une offre excédentaire, le marché pétrolier souffre d’une demande en berne, les mesures de confinement dans de nombreux pays et le ralentissement du transport mondial ayant fait plonger la consommation d’or noir.