(Paris) La purge se poursuivait mercredi sur les marchés boursiers européens, inquiets de la propagation du nouveau coronavirus en Europe et de ses répercussions énonomiques.

Anne Padieu avec les bureaux européens de l'AFP
Agence France-Presse

Vers 5 h, presque toutes les Bourses européennes perdaient plus de 1 % : Francfort lâchait 1,77 %, Paris 1,10 %, Madrid 1,12 %, Zurich 1,14 %. Seule la place de Milan limitait ses pertes (-0,37 %).  

L’indice vedette allemand, le Dax qui a perdu 7,48 % en une semaine, a même baissé brièvement de plus de 3 % en début de séance.  

Les Bourses de Paris et de Londres ont pour leur part perdu brièvement plus de 2 % dans la matinée. Depuis le début de l’année, le CAC 40 accuse un recul de plus de 6 %.

La Bourse de Moscou (-1,67 % mercredi) est de son côté en repli d’environ 7 % depuis le début de l’année.

« La situation se complique et rend les perspectives de croissance plus sombres à court terme, justifiant la plus grande prudence pour le moment », commente Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finances.

Incertitude

Malgré le ralentissement du nombre de décès en Chine, les investisseurs sont apeurés par les derniers développements sur le front de l’épidémie de COVID-19, qui continue de se répandre dans le monde, et l’alerte émise par les centres américains de contrôle des maladies et de leur prévention (CDC).

Les autorités sanitaires américaines ont dit mardi s’attendre à une propagation de l’épidémie aux États-Unis, où le principal conseiller économique de Donald Trump a minimisé son impact sur la première économie mondiale.

Le nouveau coronavirus, qui a fait son apparition mardi dans quatre nouveaux pays (Autriche, Suisse, Croatie, Algérie), a contaminé depuis sa découverte fin décembre quelque 78 000 personnes en Chine, dont plus de 2700 en sont mortes.

En Europe, l’Italie est le pays européen le plus touché, avec dix décès et plus de 300 personnes contaminées. Les pays voisins se sont cependant engagés à garder leurs frontières ouvertes tandis qu’un premier Français infecté par le virus est décédé dans la nuit de mardi à mercredi.  

Pour l’heure, il est trop tôt pour évaluer l’impact commercial à venir de la crise sanitaire et pour estimer les perspectives de la situation. C’est cette incertitude, abhorrée des marchés, qui pèse sur les actions.

« Les marchés font grise mine, tant ils craignent une contamination d’un nombre de plus en plus important de pays », observe un analyste de La Banque Postale Asset Management (LBPAM).

Preuve de l’aversion au risque, la hausse de la demande en faveur du marché de la dette souveraine, considéré comme moins risqué, a entraîné une baisse spectaculaire des taux obligataires américains.

Autre exemple, alors que le niveau d’anxiété progresse, « le franc suisse est la monnaie la plus utilisée depuis que la crise du coronavirus s’est aggravée en Europe à la fin de la semaine dernière », incarnant parfaitement son rôle de valeur refuge, constate un expert d’ActivTrades.

En quête de mesures de soutien

Au vu de l’engouement pour le marché obligataire et d’un scénario qui semble écarter une reprise rapide de l’activité, les investisseurs semblent miser sur une intervention des banques centrales pour soutenir l’économie.

Les marchés « appellent de leurs vœux des mesures de soutien par les autorités publiques ; les banques centrales au premier chef », écrit LBPAM dans une note.

Toutefois, nombreux sont les acteurs de marché qui s’interrogent sur l’efficacité d’une baisse de taux directeur pour répondre à une offre en berne.

« De nombreuses entreprises, dont Apple, Pernod Ricard et le secteur du luxe ont déjà prévenu que les perturbations dans la chaîne d’approvisionnement auraient un impact sur leurs performances du premier trimestre », rappelle Franklin Pichard de Kiplink Finances.

Pour redémarrer la machine, la Chine a annoncé un vaste plan de soutien aux petites et moyennes entreprises asphyxiées par le nouveau coronavirus, encourageant les banques à leur octroyer des prêts préférentiels.