(New York) L’euro est tombé à son plus bas niveau face au dollar en près de trois ans mercredi, plombé par des inquiétudes grandissantes sur la santé de l’économie européenne avec une attention particulière portée à l’Allemagne.

Agence France-Presse

Vers 15 h HE, la monnaie unique européenne était en baisse de 0,45 % face au billet vert, à 1,0867 dollar, un niveau plus vu depuis mai 2017.

Selon des données publiées mercredi par Eurostat, la production industrielle a reculé de 2,1 % en décembre 2019 au sein des pays de l’UE.

La semaine dernière, la France (-2,8 %), l’Allemagne (-3,5 %) et d’autres États membres de la zone euro avaient déjà fait part d’un net recul de leur production industrielle en décembre sur un mois.

Pour Joe Manimbo de Western Union, ces chiffres ne sont pas de nature « à inspirer la confiance avant le rapport de vendredi sur la croissance (de la zone euro, NDLR) au quatrième trimestre. »

Selon le consensus des analystes, la croissance de la zone euro devrait s’établir à 0,1 %.

En Allemagne, où les chiffres du PIB au dernier trimestre 2019 seront aussi publiés vendredi, les prédictions sont encore moins optimistes.

« On s’attend à une stagnation, voire à une contraction avec une économie allemande vacillante », commente Mazen Issa de TD Securities. Au deuxième trimestre 2019, le PIB allemand avait reculé de 0,1 % avant de légèrement rebondir au trimestre suivant.  

L’euro a perdu environ 3 % face à la devise américaine depuis le début de l’année, alors que les acteurs du marché semblent de plus en plus craindre une récession sur le continent européen.

Au niveau politique, l’incertitude en Allemagne retient également l’attention des acteurs du marché.

Annegret Kramp-Karrenbauer, la dauphine désignée d’Angela Merkel, a renoncé à succéder à la chancelière et annoncé lundi abandonner la présidence du parti conservateur.

Face à la faiblesse de l’euro, la Banque centrale européenne (BCE) pourrait être poussée à agir afin de stimuler la croissance.

Pour autant, la plupart des investisseurs ne s’attendent pas, du moins à court terme, à une baisse des taux d’intérêt dans la zone euro, ces derniers étant déjà négatifs (-0,50 %).

Selon des données compilées par l’agence Bloomberg, 92 % des acteurs du marché estiment que la BCE va maintenir ses taux inchangés lors de sa prochaine réunion de politique monétaire en mars.