(New York, Toronto) Wall Street a terminé dans le rouge mercredi, lestée par des déclarations du secrétaire américain au Trésor qui a laissé entendre qu’un nouveau plan de soutien à l’économie ne serait pas voté avant l’élection présidentielle de novembre.

Agence France-Presse, La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average a perdu 0,58 % à 28 514,00 points.

La Bourse de Toronto a aussi clôturé en baisse mercredi, malgré les gains des secteurs de l’énergie et des matériaux.

Selon l’économiste en chef de la Banque de développement du Canada, Pierre Cléroux, même si le marché n’a pas énormément bougé mercredi, il devrait continuer à afficher des performances en dents de scie pour un bon moment.

« L’élection américaine aura lieu dans trois semaines, et cela apporte plus d’incertitude sur le marché. Et il pourrait désormais y en avoir encore davantage, compte tenu de la perception qu’il pourrait y avoir un changement d’administration — cela va apporter encore davantage de volatilité au marché », a observé M. Cléroux.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a perdu 55,43 points pour terminer la séance avec 16 455,40 points.

Dans l’ensemble, huit des onze secteurs du TSX ont reculé mercredi, en particulier ceux de la santé et des technologies de l’information, qui ont cédé 1,64 % et 1,52 % respectivement. Celui des matériaux a cependant grimpé de 1,04 %.

M. Cléroux a estimé que l’indice S&P/TSX pourrait avoir suivi la direction prise par les marchés américains après que le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, a affirmé lors d’une conférence qu’il serait « difficile » pour les législateurs de s’entendre sur un plan de relance économique avant l’élection présidentielle de novembre.

Baisse du NASDAQ et du S&P 500

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a cédé 0,80 % à 11 768,73 points et l’indice élargi S&P 500 a lâché 0,66 % à 3488,67 points.

« Quand (Steven) Mnuchin a fait des commentaires sur le plan de relance, cela s’est répercuté sur le marché qui s’est mis à baisser », observe Quincy Krosby de Prudential Financial, alors que la place new-yorkaise avait débuté la séance en légère hausse.

Le gouvernement de Donald Trump et l’opposition démocrate ont des positions « très éloignées » sur plusieurs pans du nouveau plan de soutien à l’économie américaine, affaiblie par la pandémie de COVID-19, a indiqué M. Mnuchin lors d’une conférence virtuelle organisée par le Milken Institute.

Les deux parties négocient, en vain, depuis fin juillet pour trouver un compromis après un premier volet d’aides adopté fin mars par le Congrès.

À rebours du marché, certaines valeurs fortement dépendantes de la conjoncture économique (cycliques), sont montées mercredi. Cela a été notamment le cas des compagnies aériennes American Airlines (+1,15 %) et United Airlines (+0,99 %) ou du fabricant d’engins de chantier et de construction Caterpillar (+0,92 %).

« Des investisseurs de long terme prennent des positions dans des secteurs qui devraient bien se porter une fois qu’on sera sorti de la pandémie », explique Mme Krosby pour justifier ces hausses.

Les acteurs du marché ont aussi digéré mercredi de nouveaux résultats trimestriels de grandes banques américaines.

La banque d’affaires Goldman Sachs (+0,20 %), qui a presque doublé son bénéfice net au troisième trimestre en dépit de la récession, a vu son titre progresser.

Bank of America (-5,33 %) a en revanche présenté un visage bien plus mitigé avec un bénéfice meilleur que prévu mais un chiffre d’affaires décevant, en raison notamment de bas taux d’intérêt.  

Wells Fargo (-6,02 %) a pour sa part vu ses profits trimestriels fondre de moitié par rapport à l’année dernière, souffrant également du faible niveau des taux d’intérêt.

« Le marché punit les entreprises qui déçoivent et récompensent celles qui réussissent », résume Mme Krosby.

Autre entreprise à faire part de ses résultats entre juillet et septembre, le géant de l’assurance maladie UnitedHealth (-2,89 %), membre du Dow Jones, a baissé malgré un chiffre d’affaires et des bénéfices meilleurs que prévu et une révision à la hausse de ses perspectives à l’année.

Parmi les autres valeurs du jour, Apple (+0,07 %) a gagné un peu de terrain au lendemain de la présentation de sa nouvelle gamme d’iPhone, qui seront tous compatibles avec les réseaux 5 G.

Amazon (-2,32 %) s’est affaissé au deuxième jour de sa vaste opération « Prime Day », qui permet aux clients du site de vente en ligne de bénéficier de soldes sur de nombreux produits.

Concurrent d’Amazon, Walmart (-1,57 %) a aussi fini en baisse. La chaîne de grands magasins a annoncé mercredi qu’elle allait organiser, sur son site internet et dans ses enseignes, trois évènements promotionnels au mois de novembre en lieu et place du traditionnel « Black Friday », qui a d’habitude lieu le lendemain de l'Action de grâce.