(New York) Wall Street a terminé en baisse vendredi, tirée vers le bas par les valeurs technologiques, après la nouvelle de la contamination par la COVID-19 du président Donald Trump à seulement un mois des élections présidentielles américaines.

Agence France-Presse et La Presse Canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average (DJIA), a baissé de 0,48 % à 27 682,81 points.

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a lâché 2,22 % à 11 075,01 points et le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a perdu 0,96 % à 3348,49 points.

L’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a clôturé à 16 199,25 points, en recul de 14,71 points.

Jeudi, la Bourse de New York avait terminé modestement dans le vert, le DJIA ayant grappillé 0,13 %. Le NASDAQ avait avancé de 1,42 % et l’indice élargi S&P 500 avait gagné 0,53 %.

Le locataire de la Maison-Blanche a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi, dans un tweet, qu’il avait été testé positif à la COVID-19 tout comme sa femme Melania, et qu’il se mettait en quarantaine à la Maison-Blanche.

Les indices ont limité leurs pertes à la mi-séance mais les secteurs technologiques et de la communication ont mené la descente. Ils ont clôturé respectivement en repli de 2,55 % et 1,99 %.

Le VIX, surnommé indice de la peur, qui mesure la volatilité de la Bourse new-yorkaise, a grimpé de 3,45 %, suggérant que les courtiers et les investisseurs étaient plus inquiets que la veille.

« Les actions de la tech ont connu une montée incroyable jusqu’à ces dernières semaines, donc ce sont elles qui ont subi le plus de pression », a expliqué Tom Cahill de Ventura Wealth Management.  

Les grands titres du secteur technologique ont plongé comme Apple (-3,23 %), Microsoft (-2,95 %), Amazon (-2,99 %) et Intel (-2,35 %).

« Mais dans l’ensemble, je trouve que les pertes sont assez contenues vu les incertitudes liées aux élections et maintenant le fait que le président ait contracté le virus », a indiqué Tom Cahill de Ventura Wealth Management.

Il a rappelé que le NASDAQ sur un an était encore en hausse de plus de 20 %, le S&P en progrès de plus de 3 % et le Dow Jones en repli de seulement 3 %.

Le simple fait que le président s’isole « ajoute à l’incertitude dans la course à la présidentielle le mois prochain », a relevé pour sa part Fawad Razaqzada de ThinkMarkets.com. Et « les marchés n’aiment habituellement pas l’incertitude. »

Les investisseurs digéraient vendredi de surcroît des chiffres de l’emploi mitigés, avec un taux de chômage certes en baisse à 7,9 % pour septembre mais des créations d’emplois ralenties.

L’économie américaine a créé bien moins d’emplois le mois dernier que ne le prévoyaient les analystes avec 661 000 nouveaux postes.

« Les chiffres de l’emploi étaient un peu inquiétants », a estimé l’analyste de Ventura Wealth.

« Et à moins qu’on obtienne un stimulus de la part de Washington, je pense que cela va être difficile pour le marché boursier et pour l’économie », a-t-il estimé.

Du côté des discussions entre la Maison-Blanche et l’opposition démocrate sur un nouveau plan de soutien économique tant attendu, les choses n’avançaient guère.

« Nos négociations avec l’administration se poursuivent et j’espère que nous pourrons parvenir à un accord. Cependant, nous avons encore des désaccords importants dans des domaines clés », a déclaré la cheffe du camp démocrate au Congrès, Nancy Pelosi.

Mais elle a tout de même exhorté les compagnies aériennes à surseoir à leurs licenciements indiquant qu’une aide au secteur serait votée d’une façon ou d’une autre.

Les titres des compagnies américaines ont fini en hausse : American Airlines (+3,34 %) et United Airlines (+2,36 %).

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine augmentait à 0,6907 % contre 0,6774 % jeudi soir.