Chaque dimanche, nous braquons les projecteurs sur des éléments de l’actualité financière et boursière qui peuvent être utiles à l’investisseur, mais qui pourraient être passés sous le radar.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

L’appétit pour le risque est de retour. Il y a peu de solutions de rechange, semble-t-il, compte tenu des politiques monétaires, de l’aide gouvernementale et du déconfinement progressif. La panique observée en mars semble déjà très loin.

Plusieurs titres québécois viennent d’enregistrer des gains impressionnants durant la première semaine de juin. L’action d’Uni-Sélect a gagné 65 % cette semaine, alors que celle de DavidsTea s’est appréciée de 60 %. Les titres de MTY (+ 43 %), Résolu (+ 34 %), Héroux-Devtek (+ 34 %), Air Canada (+ 28 %), Gildan (+ 26 %) et CAE (+ 25 %) ont aussi connu une bonne semaine.

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« Les perspectives demeurent hautement incertaines alors que la plupart des entreprises ont retiré leurs prévisions financières pour 2020 et plus loin », mentionne Stephen Takacsy, de Gestion Lester, dans sa lettre financière mensuelle publiée jeudi. « Nous maintenons une approche prudente en détenant davantage de titres défensifs et un niveau de liquidités plus élevé au cas où la reprise s’avérerait plus faible qu’anticipé ou s’il devait y avoir une seconde vague du virus. »

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« Nous restons encore prudents malgré une augmentation de notre exposition actions, étant donné la faiblesse des fondamentaux économiques actuels. Les valorisations boursières ont continué de progresser et sont toujours sur des points hauts, équivalents à ceux enregistrés avant l’éclatement de la bulle Internet. Les incertitudes géopolitiques sont également un facteur de risque : les tensions entre la Chine et les États-Unis s’amplifient autour du coronavirus, de la suprématie technologique ou encore au sujet de l’autonomie de Hong Kong », indique la firme Mirabaud dans sa lettre financière mensuelle envoyée cette semaine.

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Eric Boyko a laissé entendre jeudi que si l’action de Stingray devait se maintenir à son niveau actuel, la fermeture du capital pourrait être envisagée. Durant la téléconférence avec les analystes jeudi, le fondateur et PDG de Stingray a précisé que les initiés, administrateurs et dirigeants détenaient plus de 60 % des actions de l’entreprise.

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La spéculation voulant que DavidsTea soit une cible d’acquisition – pour Starbucks, par exemple – semble être derrière la poussée boursière observée cette semaine. Le titre du détaillant montréalais de thé a bondi de 63 % jeudi après la publication de plusieurs « tweets », notamment par Will Meade, qui se présente comme un ancien gestionnaire chez Goldman Sachs. « Ça a pu causer l’engouement et le short squeeze », croit le trader professionnel Mickael Dufresne.

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La Banque Nationale a perdu un appui à Bay Street cette semaine. L’analyste Mario Mendonca, de la TD, a retiré jeudi sa recommandation d’achat. « Ma décision est principalement liée à l’évaluation boursière du titre et reflète la forte progression de l’action depuis le 20 mars », souligne-t-il dans une note envoyée à ses clients. Le titre de la Nationale s’est apprécié de 45 % au cours des 11 dernières semaines, ce qui est nettement supérieur à la moyenne enregistrée par ses comparables.

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Le risque de voir achopper la vente de Transat à Air Canada augmente encore, souligne l’analyste Konark Gupta, de la Scotia. Dans une note publiée jeudi, il dit ne plus s’attendre à une transaction au prix annoncé de 18 $ par action de Transat, et soutient que 13 $ par action est potentiellement le prix le plus élevé qui peut être attendu. Il accorde aussi une probabilité de 50 % à l’annulation de la transaction. Dans une telle éventualité, l’action de Transat vaut 5 $, selon lui. « Je ne serais pas étonné de voir l’action glisser sous les 5 $ devant l’impatience des investisseurs, et possiblement même sous les 4 $ si l’entente tombe officiellement à l’eau. »

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Un administrateur de la Banque Laurentienne a acheté cette semaine pour près de 100 000 $ d’actions de l’institution bancaire montréalaise. Nicholas Zelenczuk a fait l’acquisition lundi d’un bloc de 3000 actions. Sa nomination au conseil d’administration a été annoncée à la fin mai.