(New York et Toronto) La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé lundi, reprenant son souffle avant l’entrée dans le vif d’une saison des résultats trimestriels d’entreprises qui devrait être fortement marquée par les conséquences de la pandémie sur l’activité économique.

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a perdu 1,39 % à 23 390,77 points.

Il a été en partie lesté par la chute de 8,7 % de l’entreprise Caterpillar, affecté par les commentaires pessimistes des analystes de Bank of America.

Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a perdu 1,01 %, à 2761,63 points.

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, s’est redressé en fin de journée pour finir en hausse de 0,48 % à 8192,42 points. Parmi les valeurs en forme figurait le site de vidéos en ligne Netflix (+7 %), particulièrement prisé des internautes confinés.

La Bourse de Toronto n’a pas su continuer sur sa lancée de la semaine dernière et a clôturé la séance de lundi en baisse, alors que s’amorce une semaine qui devrait être marquée par le lancement d’une saison de résultats trimestriels décevants pour les entreprises.

Certaines grandes banques américaines dévoileront leurs résultats financiers du premier trimestre dès mardi.

« Personne ne s’attend à rien de bon de ces chiffres. Nous savons tous qu’elles vont publier de mauvais résultats », a prévenu Allan Small, conseiller en investissement principal chez HollisWealth.

Selon lui, certains investisseurs ne tentent que de devancer les résultats.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a rendu 90,69 points pour terminer la séance avec 14 075,94 points.

Les marchés avaient enregistré une énorme reprise ces dernières semaines. Leur performance hebdomadaire de la semaine dernière était, pour les marchés américains, la meilleure depuis 1974.

« Est-il si étonnant que certains aient choisi de retirer une partie de leur profit aujourd’hui ? » a souligné M. Small lors d’une entrevue, ajoutant que certains spécialistes jugent que les marchés sont revenus en force trop rapidement.

Les reculs de lundi étaient surtout alimentés par les baisses des secteurs de la finance et de l’énergie.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a rendu 35 cents US à 22,41 $ US le baril.

Des observateurs ont fait valoir que l’accord sur la baisse de production de 9,7 millions de barils, conclu ce week-end par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et la Russie, n’était pas assez important. La demande pour le pétrole a plongé avec les mesures de confinement mises en place pour contrer l’épidémie du nouveau coronavirus.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 71,76 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 71,51 cents US de jeudi dernier.

Ailleurs à la Bourse des matières premières de New York, le cours de l’or a pris 8,60 $ US à 1761,40 $ US l’once, tandis que celui du cuivre a avancé de 4,3 cents US à 2,30 $ US la livre.

Wall Street, soutenue par les mesures de soutien de la Banque centrale américaine, l’impression d’une certaine stabilisation de la pandémie de COVID-19 et la multiplication des discussions sur la sortie du confinement, avait beaucoup grimpé la semaine dernière avant un long week-end de Pâques : le Dow Jones s’était apprécié de 12,6 %, le NASDAQ de 10,6 % et le S&P 500 de 12,1 %, ce dernier connaissant sa plus forte progression hebdomadaire depuis 1974.

Depuis le plancher atteint le 23 mars, le S&P 500 avait au total bondi de 25 %.  

« On est probablement allé un peu trop vite dans le rebond, et souvent pour des raisons plus techniques que fondamentales », estime Maris Ogg, gestionnaire de portefeuilles pour Tower Bridge Advisors.  

« Il y a un vif débat sur le fait de savoir si on va retomber en dessous (du niveau du 23 mars) ou si on a déjà touché le fond », remarque de son côté Art Hogan de National Holdings.

« Les marchés chutent habituellement quand un problème est identifié, remontent quand la situation se stabilise et replongent quand les dégâts économiques se concrétisent », explique-t-il. « C’est ce qui s’est passé en 2008 : le marché a d’abord plongé quand la Banque Lehman a fait faillite, est remonté quand le programme TARP et les autres mesures de soutien à l’économie ont permis de stabiliser le système financier, et est ensuite retombé quand les dommages sur l’économie et sur les résultats d’entreprises sont devenus évidents ».

Amazon recrute

Les acteurs du marché attendent désormais la diffusion des chiffres du premier trimestre des entreprises du S&P 500, avec les banques JPMorgan Chase et Wells Fargo ainsi que le groupe pharmaceutique Johnson & Johnson dès mardi.  

Selon le cabinet FactSet, les analystes s’attendent en moyenne à un recul de 10 % des bénéfices des entreprises du S&P 500 au premier trimestre, qui avait plutôt bien commencé avant que le coronavirus ne paralyse l’activité économique en mars.

Pour Maris Ogg, toutefois, « ce ne sont pas vraiment les chiffres qui vont importer cette fois-ci, mais de savoir comment les entreprises vont s’en tirer quand la situation reviendra à la normale, quelles sont les entreprises qui seront trop endommagées ».  

À l’inverse, « certaines tendances vont être accentuées, comme le besoin de capacités de stockage informatique ou du réseau 5G », remarque la spécialiste.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette des États-Unis montait à 0,77 % contre 0,72 à la clôture jeudi, avant que les marchés ne ferment pour les fêtes de Pâques vendredi. La plupart des Bourses européennes étaient encore fermées lundi.

L’annonce dimanche d’un vaste accord de l’OPEP et de ses partenaires sur une baisse historique de la production, destiné à enrayer la chute des cours du brut, n’a pas permis au cours de se redresser franchement. À New York, le baril de WTI a reculé de 1,5 %.

Le sous-indice représentant le secteur de l’énergie à Wall Street au sein du S&P 500 a fini en baisse de 0,41 %.

Amazon, qui a cessé d’accepter les nouveaux clients pour les commandes d’alimentation en raison d’un pic de demande et a fait part de son intention de recruter 75 000 personnes en plus des 100 000 personnes déjà embauchées au cours des quatre dernières semaines, est monté de 6,17 %.