(New York) La Bourse de New York a été vivement secouée mardi par la baisse des taux décidée en urgence par la Banque centrale américaine (Fed) pour atténuer l’impact économique du coronavirus, annonce accueillie avec beaucoup de scepticisme par les investisseurs.

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a chuté de 2,94 % à 25 917,41 points. Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a plongé de 2,99 % à 8684,09 points et le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a perdu 2,81 % à 3003,37 points.

L’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a abandonné 129,64 points pour clôturer à 16 423,62 points.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est transigé au cours moyen de 74,91 cents US, par rapport à son cours moyen de 74,87 cents US la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du brut s’est apprécié de 43 cents US, à 47,18 $ US le baril, alors que celui de l’or a pris 49,60 $, à 1644,40 $ US l’once. Le prix du cuivre a reculé de 2,2 cents, à 2,57 $ US la livre.

« En agissant rapidement et de manière agressive, le président de la Fed a implicitement montré une grande inquiétude quant aux risques pesant sur les perspectives économiques », a commenté Ken Matheny, économiste chez IHS Markit.  

Les indices s’étaient pourtant soudainement redressés juste après l’annonce par la Réserve fédérale (Fed) d’une baisse des taux de 0,5 point de pourcentage prise en dehors du calendrier habituel des réunions monétaires, une première depuis la crise financière de 2008.  

Ils ont ensuite alterné entre pertes et profits avant de s’enfoncer de nouveau dans le rouge au moment de la conférence de presse du président de la banque centrale américaine, Jerome Powell.

Ce dernier a reconnu que l’incertitude restait de mise quant à la durée et à l’ampleur de l’épidémie.

Ces propos ont déprimé les courtiers, qui ont fui le marché des actions pour se réfugier vers les actifs financiers jugés sûrs, comme la dette des États-Unis. Le taux d’emprunt à 10 ans du pays est ainsi passé pour la première fois sous le seuil symbolique de 1 %.

Même si le président américain Donald Trump a une nouvelle fois fustigé la Fed en jugeant qu’elle n’allait pas assez loin et en plaidant pour d’autres baisses de taux, plusieurs analystes se sont rapidement interrogés sur l’impact réel de l’intervention soudaine de l’institution.

A la question de savoir si la baisse annoncée mardi permettra de « compenser l’affaiblissement de la demande générée par le coronavirus, la réponse est probablement non », a ainsi relevé Karl Haeling de LBBW. « Si vous ne voulez pas faire un voyage d’affaires ou aller à un concert, le fait que la Fed abaisse ses taux ne changera probablement pas votre décision, qui se fonde sur votre peur du virus. »

Pour Peter Cardillo de Spartan Capital Securities, l’action de la Fed peut même « envoyer le mauvais message » aux marchés, car elle semble d’une part répondre plus aux pressions politiques de Donald Trump qu’à un véritable besoin économique, et elle donne, d’autre part, l’impression que l’institution « utilise toutes ses munitions », et n’aura plus de marge de manœuvre si la crise empire.