Les intervenants dans les marchés financiers au Canada seront attentifs, cette semaine, à la mise à jour des données de croissance du produit intérieur brut (PIB) en septembre et pour le troisième trimestre.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

D’autant que ces données attendues vendredi sont considérées comme des indicateurs de première importance en vue de la prochaine décision de taux d’intérêt à la Banque du Canada, le 4 décembre.

Entre-temps, la moyenne des prévisions parmi les économistes du secteur bancaire augure d’un ralentissement significatif de la croissance au troisième trimestre, autour de 1,3 %, par rapport au sursaut impressionnant à 3,7 % qui avait été mesuré au deuxième trimestre.

Du côté des économistes de la Banque TD, par exemple, on s’attend à ce que « le rythme de la croissance économique se soit nettement ralenti au troisième trimestre », ce qui augure aussi d’une fin d’année timide.

Quels facteurs derrière ce pronostic ?

« Une grande partie du ralentissement est imputable au commerce international. Les exportations ont stagné au troisième trimestre alors que les importations ont remonté quelque peu après la contraction mesurée au trimestre antérieur. Aussi, les livraisons manufacturières ont diminué en septembre, clôturant un troisième trimestre décevant pour le secteur industriel », expliquent les économistes de la TD dans leur billet hebdomadaire.

En contrepartie positive pour le PIB au troisième trimestre, ils soulignent que « l’investissement résidentiel devrait être demeuré fort, soutenu par les niveaux d’activité élevés en revente et en construction résidentielle ».

Aussi, « les dépenses de consommation et le secteur des services ont continué de s’accélérer, mais à un rythme modéré », anticipent les économistes de la TD.

Légère hausse du PIB réel ?

Parmi les économistes du Mouvement Desjardins, on observe « qu’après un gain de 3,7 % (annualisé) au deuxième trimestre, la croissance du PIB a ralenti significativement au fil du troisième trimestre. Par conséquent, ce trimestre devrait se terminer avec une hausse du PIB réel de seulement 1,3 %. »

Comment en arrivent-ils à cette prévision ?

« Le PIB réel par industrie est demeuré inchangé en juillet et n’a que très peu augmenté en août. De plus, nos projections indiquent que le mois de septembre pourrait se solder par une autre progression pratiquement nulle en fin de trimestre », expliquent-ils dans leur note hebdomadaire de conjoncture.

Aussi, « le commerce extérieur devrait s’être détérioré en raison d’une baisse des exportations et d’une augmentation des importations, ce qui entraînera un impact négatif sur la variation du PIB. Par contre, la hausse des importations laisse croire que la demande intérieure reviendra en territoire positif. »

Économie sur la voie d’une expansion ?

Pour leur part, les économistes de la Banque Nationale s’attendent à ce que « le PIB pourrait avoir progressé de 1,4 % en termes annualisés au troisième trimestre, après des résultats brillants (+ 3,7 %) du deuxième trimestre. Ainsi, l’économie canadienne serait sur la voie d’une expansion de 1,6 % pour toute l’année 2019 ».

Sur quels facteurs appuient-ils leur analyse ?

« Les rapports mensuels parus jusqu’ici [durant le troisième trimestre] laissent penser que la consommation des ménages aura contribué à la croissance ce trimestre, bien que faiblement. Aussi, les investissements en construction résidentielle et non résidentielle pourraient avoir contribué », expliquent les économistes de la Nationale dans leur billet hebdomadaire.

En contrepartie, « le commerce international devrait avoir plombé le PIB au troisième trimestre, à en juger par les rapports mensuels qui ont révélé une expansion des importations alors que les exportations ont stagné ».

Mardi

Couche-Tard en rapport de mi-exercice 2020

Dans leur énoncé de résultats de deuxième trimestre, les hauts dirigeants de l’une des plus grosses entreprises de dépanneurs et d’essenceries en Amérique du Nord et en Europe du Nord tenteront d’attiser les investisseurs avec la mise à jour de leurs priorités de croissance. Par l’ajout de produits en magasins ? Par d’autres projets d’acquisition ? Entre-temps, les analystes anticipent des revenus de deuxième trimestre en repli de 4 %, aux environs de 14,1 milliards US. En conséquence, le bénéfice net trimestriel est pressenti en rechute de 11 %, aux environs de 529 millions US.

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Mercredi

BRP en mise à jour trimestrielle

Le constructeur des petits véhicules de loisirs motorisés publie ses résultats de troisième trimestre dans un contexte d’attentes élevées en Bourse, suscitées notamment par sa feuille de route fructueuse en gains de parts de marché, ainsi que la vigueur persistante de l’économie de consommation aux États-Unis. Parmi les analystes, on anticipe des revenus trimestriels rehaussé au seuil de 1,5 milliard, mais en croissance très ralentie par rapport aux trimestres précédents. Néanmoins, le bénéfice net trimestriel de BRP est encore attendu en croissance forte – de l’ordre de 30 % –, aux environs de 122 millions.

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