(New York) Les prix du pétrole ont terminé en forte baisse mercredi après une hausse plus forte que prévu des stocks de brut aux États-Unis sur fond d’inquiétudes croissantes sur la santé de l’économie mondiale.

Agence France-Presse

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre a lâché 1,20 dollar, ou 2,0 %, pour clôturer à 57,69 dollars.

À New York, le baril de brut léger West Texas Intermediate pour livraison en novembre, la référence aux États-Unis, cédait 98 cents, ou 1,8 %, à 52,64 dollars.

Les cours du pétrole, qui évoluaient près de l’équilibre plus tôt dans la journée, ont nettement reculé vers 10 h 30 après la publication du rapport hebdomadaire de l’Agence américaine d’information sur l’Énergie (EIA) faisant état d’une hausse des stocks de brut de 3,1 millions de barils sur la semaine achevée le 27 septembre.

Cette progression plus forte qu’anticipé par les analystes « a éclipsé le recul des réserves de produits raffinés », observe Bart Melek, de TD Securities.   

Les stocks d’essence ont en effet baissé de 200 000 barils tandis que ceux d’autres produits distillés (mazout et gaz de chauffage) ont diminué de 2,4 millions de barils.

Un signal pessimiste pour l'économie mondiale

En pleine saison de maintenance des raffineries, l’activité de ces dernières a continué à ralentir : elles ont fonctionné à 86,4 % de leur capacité, contre près de 95 % il y a encore trois semaines.

Mais pour M. Melek, les investisseurs voient surtout dans la hausse des stocks de brut « le signal que la demande en brut continue de diminuer dans un contexte morose pour les perspectives de l’économie mondiale ».

Les acteurs du marché ont été ébranlés mardi par l’annonce d’un nouveau recul de l’activité du secteur manufacturier aux États-Unis, à son plus bas niveau en 10 ans.

Mercredi, le ralentissement des créations d’emplois dans le secteur privé relevé par l’enquête mensuelle d’ADP a alimenté les craintes d’un ralentissement marqué de l’économie des États-Unis, voire d’une récession.

Même si l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, l’OPEP, décidait de réduire encore plus sa production, « il ne faut pas oublier que le principal élément guidant les cours du brut est la demande », souligne James Williams, de WTRG.  

« Si l’économie des États-Unis commence, après celle de la Chine et de l’Europe, à ralentir fortement, cela va mettre les prix des barils sous une forte pression », estime-t-il.