Les automobilistes des provinces de l'Ouest canadien semblent peu avantagés jusqu'à maintenant par leur pétrole abordable, conclut le service des études économiques du Mouvement des caisses Desjardins après analyse de récentes données de Statistique Canada.

Mis à jour le 27 nov. 2012
Paul Durivage LA PRESSE

Une particularité au Canada est que les raffineries de l'Ouest utilisent du pétrole canadien dont le prix est établi en référence au pétrole WTI (West Texas Intermediate), alors que les raffineries de l'Est utilisent principalement du pétrole importé dont les prix sont basés sur le pétrole Brent.

Par le passé, les prix du Brent et du WTI étaient très similaires. Les choses ont cependant changé depuis le début de 2011, alors que les prix du WTI ont fortement baissé par rapport au standard du Nord. En moyenne, l'écart entre le prix du Brent et celui du WTI est passé de 45 cents US en 2010 à près de 17$US en 2011 et en 2012. Ce rabais provient surtout du fait de l'accroissement de la production nord-américaine de pétrole, qui a créé une situation de surplus dans l'ouest du continent.

Le rabais important sur le prix du pétrole utilisé par les raffineries de l'Ouest est-il transmis aux automobilistes de cette région? En comparant les variations des prix de l'essence depuis le commencement de 2011 pour un échantillon de villes canadiennes, Desjardins constate que les mouvements de prix hors taxe sont très comparables. En fait, les prix ont légèrement plus augmenté au Québec et à Halifax, mais l'écart constaté d'environ 1 cent le litre ne paraît pas très significatif. De plus, on note une hausse plus faible des prix à Ottawa et à Toronto qu'à Calgary.

Hausse des taxes

En fait, si les prix ont effectivement augmenté plus rapidement dans l'est du pays, c'est essentiellement à cause d'une hausse beaucoup plus marquée des taxes sur l'essence, note Desjardins.

«La dualité du marché canadien du pétrole a plusieurs conséquences, entre autres sur la performance des raffineries dans les différentes provinces. Pour le moment, l'impact direct sur les automobilistes semble cependant limité, alors que, comme aux États-Unis, le niveau moyen des prix de l'essence semble surtout refléter les prix internationaux du brut dans toutes les provinces», conclut Mathieu D'Anjou, économiste principal.

Cette étude survient au moment où on discute en haut lieux du bien-fondé d'inverser le flux d'un pipeline d'Enbridge afin d'acheminer du pétrole albertain produit à partir des sables bitumineux vers le Québec. Selon le ministre fédéral des Ressources naturelles, Joe Oliver, ce projet créerait des emplois dans la province et pourrait se traduire par des économies à la pompe pour les consommateurs.

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