La douche froide provoquée par l'affaire Goldman Sachs servira peut-être de prétexte à une petite correction souhaitée par quelques investisseurs. Ils estiment que la poussée amorcée il y a 13 mois ne peut plus durer.

Rudy Le Cours LA PRESSE

Les grands indices viennent tous d'atteindre des cibles symboliques importantes au cours des récentes séances: 11 000 pour la moyenne industrielle Dow Jones, 1200 pour l'indice Standard & Poors 500, 12 000 pour le S&P/TSX canadien.

À ces hauteurs, les actions deviennent chères et leur appréciation sera forcément plus lente et liée à la croissance des profits.

Les marchés boursiers restent cependant encore le véhicule de placement le plus alléchant malgré tout.

Le rendement des marchés monétaires ne couvre pas l'inflation. Les marchés obligataires sont inondés de nouvelles émissions souveraines jugées souvent trop chères étant donné le risque d'insolvabilité grandissant de plusieurs États, tandis que les obligations de sociétés ont donné leurs plus beaux fruits l'an dernier.

«Un élément susceptible de soutenir davantage les prix des actions est l'absence d'alternatives», soutiennent Robert Kavcic et Douglas Porter, de BMO Marchés des capitaux.

Sur une base historique, plaident-ils, le rythme initial d'une reprise de la croissance et des profits est insoutenable, tout comme la montée des indices qui la précède. Cela ne signifie pas pour autant qu'une chute est probable.

C'est particulièrement le cas des titres canadiens. Selon une recherche faite par Bloomberg, ils se négociaient la semaine dernière à un ratio de 15,7 fois les bénéfices prévus en 2010 comparativement à 18,1 pour le ratio moyen de l'indice boursier chinois CSI 300. En outre, ils offrent un meilleur dividende.

Or, les prévisions médianes des analystes sondés par l'agence new-yorkaise fixent à 42% la croissance en dollars américains des bénéfices des sociétés canadiennes, par rapport à 45% pour les chinoises.

Étrangers

Pas surprenant dès lors que les étrangers s'intéressent aux titres canadiens, d'autant plus que la montée de notre monnaie est susceptible de leur donner un gain de change en prime.

L'an dernier, les étrangers ont augmenté de 26,2 milliards leurs mises dans les actions canadiennes et de 82,9 milliards leurs achats d'obligations.

Seules les données de janvier et de février 2010 ont été compilées par Statistique Canada, elles font état d'un repli de 842 millions des positions en actions, mais d'une augmentation de 17,8 milliards des achats de titres de dette souveraine canadienne, jugée sûre compte tenu de la faiblesse relative des déficits d'Ottawa d'ici 2014, surtout si on les compare à ceux des autres membres du G7.

En février, il s'agissait de la 14e augmentation mensuelle d'affilée des achats d'obligations canadiennes par les étrangers.

Les mouvements du côté des actions sont plus volatils. Depuis 1998, seules 2002 et 2007 se sont soldées par des sorties nettes. Celle de 2007 à hauteur de 42 milliards demeure la variation annuelle la plus importante depuis le début de cette série statistique.