C’est à Laval, à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), que Moderna installera finalement son usine de production de vaccins. Après un suspense de plusieurs mois, la pharmaceutique avait annoncé en avril qu’elle choisissait la région de Montréal plutôt que celle de Toronto, mais le lieu exact n’avait pas encore été déterminé.

Mis à jour le 11 août
Isabelle Dubé
Isabelle Dubé La Presse
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

Un an après avoir annoncé qu’elle installerait une usine au Canada, la société biopharmaceutique américaine Moderna annonce jeudi qu’elle a signé un contrat d’achat avec l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) pour un terrain du parc de biotechnologie de Laval.

« Nous sommes heureux d’avoir trouvé l’emplacement idéal pour la construction prévue de notre usine de fabrication de vaccins ARNm », a déclaré Moderna dans un communiqué. La construction de l’usine de biofabrication devrait commencer en 2022, indique Moderna et l’usine devrait être opérationnelle d’ici la fin de 2024, sous réserve de la planification et des autorisations réglementaires.

« Ce site offre d’énormes possibilités de synergie pour Moderna grâce à sa proximité d’une institution de recherche réputée et correspond aux exigences du projet et à son importance pour tous les Québécois et les Canadiens. »

PHOTO ARCHIVES FOURNIE PAR CITÉ DE LA BIOTECH

L’Institut national de recherche scientifique, à Laval, où s’installera la nouvelle usine de Moderna

Moderna se dit impatiente de travailler avec la Ville de Laval dans la mise en œuvre anticipée de ce projet et partagera davantage d’information une fois que la vérification diligente sera terminée. L’entreprise est l’un des deux grands fabricants de vaccins à base d’ARN messager contre la COVID-19 dans le monde – l’autre étant Pfizer-BioNTech.

« La pandémie nous a démontré à quel point notre autonomie en matière d’approvisionnement en vaccin est essentielle. L’arrivée de Moderna au Québec est signe d’innovation en santé. C’est majeur, et nous en sommes très fiers », a réagi jeudi le ministre de la Santé, Christian Dubé. Au cabinet du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, on a aussi applaudi la nouvelle. « C’est une usine stratégique pour l’approvisionnement de vaccins et aussi pour le développement du secteur des sciences de la vie », a indiqué l’attaché de presse Mathieu St-Amand.

Sur la scène fédérale, le ministre de la Santé, Jean-Yves Duclos, a aussi salué « une bonne nouvelle pour l’économie locale et l’autonomie canadienne en matière d’approvisionnement », en parlant de « nombreuses opportunités d’innovation médicale ». Plusieurs mois de pourparlers ont été nécessaires entre le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne et le PDG de Moderna pour convaincre la pharmaceutique de participer à la reconstruction du secteur de la biofabrication et des sciences de la vie au pays. « Grâce à nos travailleurs, chercheurs et étudiants, le Canada jouera un rôle clé pour la santé mondiale depuis le Grand Montréal », a déclaré le ministre Champagne.

« Un véritable privilège »

Stéphane Boyer, le maire de Laval, s’est réjoui jeudi que Moderna ait arrêté son choix sur sa ville. « L’année dernière, j’ai eu le privilège d’annoncer l’agrandissement de notre Cité de la biotech, afin que Laval puisse participer significativement à l’avenir de la santé publique au Canada. C’est certain que l’ajout d’un joueur majeur comme Moderna à notre projet est un véritable privilège. Nous les accueillons aujourd’hui avec enthousiasme et suivrons ce dossier avec grande attention », a-t-il expliqué jeudi.

Dans l’entourage du maire, on fait valoir que de choisir Laval n’est « pas étonnant », en raison du pôle scientifique « très fort » qui y est déjà installé dans la Cité de la biotech, qui emploie déjà plus de 5000 personnes et abrite une centaine d’entreprises, dont le Laboratoire national de biologie expérimentale (LNBE).

Selon nos informations, les discussions entourant l’installation de la pharmaceutique américaine à Laval duraient depuis déjà un bon moment, avant même la venue du PDG de Moderna Stéphane Bancel à Montréal en avril dernier. C’est à ce moment que les premiers ministres François Legault et Justin Trudeau avaient annoncé, lors d’un point de presse commun, que Moderna avait choisi la région de Montréal, plutôt que Toronto, pour sa nouvelle usine de production de vaccins.

Novavax: toujours en attente

Une autre entreprise, Novavax, a elle aussi déjà annoncé son intention de produire des vaccins dans la région métropolitaine, plus précisément dans le nouveau Centre de production de produits biologiques du Conseil national de recherches du Canada (CNRC), avenue Royalmount à Montréal. La production devait être lancée au printemps 2022, mais elle se fait toujours attendre.

« Novavax continue de travailler avec le CNRC pour compléter le transfert technologique de notre vaccin contre la COVID-19, le Nuvaxovid, au Centre de production de produits biologiques de Montréal », a simplement indiqué jeudi l'entreprise dans une déclaration transmise par courriel.