La chaîne d’approvisionnement continue d’être un casse-tête pour Dorel. Après avoir composé avec les retards et la hausse des coûts de transport, le fabricant de meubles et de produits pour enfants se retrouve maintenant avec trop de marchandise en stock.

Publié le 9 août
Stéphane Rolland La Presse Canadienne

La situation est particulièrement difficile pour la division Dorel Maison, qui affiche un recul de 11,4 % de ses ventes, à 209,8 millions US, au deuxième trimestre.

« Le deuxième trimestre a commencé avec de sérieux problèmes d’approvisionnement, qu’on parle de la disponibilité des conteneurs, de la logistique et des problèmes dans le déchargement », a expliqué mardi le président et chef de la direction, Martin Schwartz, lors d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats trimestriels.

L’entreprise montréalaise a toutefois observé un revirement rapide de la situation qui a entraîné d’autres problèmes, explique le dirigeant.

À mesure que le trimestre se déroulait, certains enjeux se sont améliorés au point que les biens ont afflué à un moment où les habitudes des consommateurs avaient changé de façon draconienne.

Martin Schwartz, président et chef de la direction de Dorel

Les dépenses des ménages en meubles ont diminué tandis que les consommateurs voyagent davantage ou s’inquiètent de l’augmentation des prix de la nourriture et du carburant. « Cette situation a créé une surabondance de stocks pour nous, mais aussi pour nos clients dans le commerce de détail qui ont réduit leurs commandes. »

Pour l’ensemble de l’entreprise, les stocks trop garnis ont accaparé l’équivalent de 80 millions US en liquidités qui ne peuvent être utilisées à d’autres fins, a ajouté le chef des finances, Jeffrey Schwartz.

La direction a toutefois fait des commentaires plus optimistes quant à la division des produits pour enfants, également aux prises avec des surplus d’articles. Si les détaillants ont réduit leurs commandes pour écouler leurs stocks, Dorel anticipe un retour à la normale à la fin de l’année en raison du caractère « essentiel » de ses produits.

La guerre en Ukraine a eu un effet négatif sur la demande en Europe, géographiquement à proximité du conflit, constate Jeffrey Schwartz.

« Nous croyons que ce n’est pas soutenable. À un certain point, les gens vont avoir besoin d’acheter plus de produits. »

Il a cité une étude commandée à un tiers qui affirme que le marché des produits pour enfants aurait reculé de 10 % en Europe. L’étude de marché fait croire à Dorel qu’elle y a gagné des parts de marché, malgré les vents contraires. « Ça devrait se refléter dans les résultats du quatrième trimestre [une fois que la demande aura remonté]. »

Le chiffre d’affaires de la division a atteint 218,0 millions US, une augmentation de 3,4 %.

Au deuxième trimestre, Dorel a dévoilé une perte nette de 13,6 millions US, comparativement à une perte de 1,4 million US à la même période l’an dernier. Les revenus, pour leur part, ont baissé de 4,4 %, à 427,8 millions US.

L’action de Dorel a chuté de 45 cents, ou 6,6 %, à 6,41 $ à la Bourse de Toronto.