Dimanche, jour de la fête des Pères, il y a eu le brunch familial traditionnel pour George Papagiannis et une discussion par FaceTime avec son père Achille, en vacances en Grèce. Un évènement est venu ajouter une couleur particulière aux festivités cette fois, soit le transfert d’entreprise achevé des Restaurants Lafleur. George Papagiannis est officiellement président de l’enseigne née en 1951 dans une voiture à patates, puis qui a acquis sa forme actuelle en 1961, rue Lafleur, à LaSalle.

Publié le 20 juin
Isabelle Massé
Isabelle Massé La Presse

Bien des choses se brassent chez les Papagiannis. « Récemment aussi, mon père a vendu les restaurants Le Petit Québec au frère de mon père et on a racheté 100 % des Restaurants Lafleur, raconte George Papagiannis en entrevue. On a aujourd’hui 100 % des Restaurants Lafleur et de La Belle Province. »

« Je suis extrêmement fier de ce que mon père a bâti pendant des décennies, poursuit-il. Il a travaillé extrêmement fort pour arriver à ce niveau. »

Cet immigrant grec, arrivé au Québec en 1971 à l’âge de 16 ans, s’est rapidement retrouvé dans des restaurants. « Sans parler la langue, se rappelle Achille Papagiannis. J’ai appris le français et l’anglais au travail. »

Cinq ans plus tard, celui-ci possédait un restaurant La Belle Province, à Saint-Hubert. Avec son grand frère, il a détenu par la suite l’enseigne Le Petit Québec, qui a mis la main sur les Restaurants Lafleur en 2011. À la demande de son père, dès l’âge de 10 ans, George Papagiannis s’est retrouvé au comptoir les fins de semaine pour aider la famille et, consciemment ou non, faire ses gammes. Plus tard, il a étudié en administration et en économie toujours en ayant en tête de ne jamais s’éloigner de l’entreprise familiale. « J’ai toujours eu l’esprit entrepreneurial, raconte-t-il. Comme si j’étais né pour ça. »

Aujourd’hui, le voilà représentant de la deuxième génération des Papagiannis au sommet des Restaurants Lafleur. Son père restera à ses côtés. « Ses conseils sont vraiment importants et j’apprends chaque jour encore de lui », dit George Papagiannis.

Moi aussi, j’apprends beaucoup de lui. George a de nouvelles idées pour faire grandir l’entreprise. Ça me fait voir différemment certaines choses, en mieux.

Achille Papagiannis

D’ici 2027, George Papagiannis aimerait faire passer le nombre de restos de 16 (15 en nom propre et 1 franchise) à 32. « Déjà, on a commencé à moderniser nos restaurants, raconte-t-il. On a une succursale qu’on va détruire et reconstruire à Lachine. Elle a besoin d’un peu d’amour ! »

La direction regarde du côté de la couronne nord et de la Rive-Sud pour poursuivre la croissance. « On veut croître un peu partout au Québec, évidemment dans les secteurs les plus peuplés, explique George Papagiannis. On a fait une étude pour savoir quels emplacements seraient stratégiques et efficaces. Mais rien n’est confirmé pour l’instant. »

La famille

Autrement, le nouveau président tient à l’esprit familial de Restaurants Lafleur, tant pour son clan que pour ses 200 employés. « Il y a une pénurie de main-d’œuvre, de produits et des problèmes d’approvisionnement, énumère George Papagiannis. On essaie de faire du mieux qu’on peut. On donne de bons salaires avec des assurances collectives. On n’est pas vraiment dans la robotisation, mais on n’est pas fermés à l’idée. On est reconnus pour couper les pommes de terre à la main, devant le client, et je veux que ça continue. Le plus important est de renforcer notre équipe. »

Au moins, quand l’aide vient à manquer, tout le monde met la main à la pâte. « On travaille fort ensemble, résume George Papagiannis. J’aime que nos restaurants Lafleur soient comme une famille. Il y a beaucoup d’histoire derrière. C’est une vraie enseigne québécoise, établie en 1951, même avant McDonald’s. On veut garder l’aspect familial des restos. On rentre travailler dans la cuisine. Même ma directrice de comptabilité est déjà venue nous dépanner. »

George Papagiannis, qui a trois enfants (8, 10 et 14 ans), prépare-t-il déjà une relève chez Restaurants Lafleur ? « S’ils aiment ça, j’aimerais leur passer l’entreprise, mais ça devra venir d’eux, répond le président. Il faut aimer ce qu’on fait pour bien le faire. »

En attendant, devinez qui sera la jeune nouvelle commis de restauration de l’enseigne, à la demande de papa ? « On est en pénurie de main-d’œuvre, on a besoin de toutes les mains possibles, rappelle George Papagiannis. Elle a accepté avec plaisir. »