Mis de côté parce que Bombardier s’affairait à achever le jet d’affaires qui est devenu son porte-étendard, le Global 8000 verra finalement le jour, mais avec quelques modifications. L’avionneur québécois affirme qu’il s’agit de l’avion le plus rapide du créneau des appareils à large cabine.

Publié le 23 mai
Julien Arsenault
Julien Arsenault La Presse

Présenté lundi au salon européen de l’aviation d’affaires EBACE à Genève, en Suisse, cet avion hyper luxueux devrait entrer en service en 2025 et concurrencera les modèles G700 de Gulfstream et Falcon 10X de Dassault.

Initialement, le Global 8000 devait être plus court que le Global 7500 – l’actuel vaisseau amiral de Bombardier – et offrir une autonomie plus grande. L’intérêt ne semblait toutefois pas au rendez-vous dans le marché, ce qui a incité la multinationale à conserver une cabine plus spacieuse.

« On évaluait un avion qui volait plus loin, mais qui offrait moins d’espace », a souligné un porte-parole de Bombardier, Mark Masluch, à La Presse. « La réponse, c’est que les clients ne voulaient pas de ce compromis. »

Le Global 8000 pourra franchir 8000 milles marins (14 800 kilomètres), soit 500 de plus que son petit frère. Sa vitesse de pointe sera de Mach 0,94 (environ 1151 km/h). L’appareil pourra effectuer des liaisons directes entre des villes comme Singapour et Los Angeles ainsi que Dubaï et Houston. En comparaison, le Global 7500 offre une autonomie de 7700 milles marins (14 260 kilomètres).

C’est essentiellement grâce à l’optimisation des performances du moteur Passport, construit par General Electric, que Bombardier est en mesure d’offrir un avion à large cabine qui peut voler aussi loin. Une fois en service, le Global 8000 prendra la place du Global 7500 dans le portefeuille de Bombardier.

L’appareil présenté lundi coûte 78 millions US, soit 3 millions US de plus que le Global 7500. Il continuera d’être assemblé à Toronto et sa finition intérieure s’effectuera à Montréal.

La demande ne dérougit pas

L’aviation d’affaires a le vent dans les voiles depuis le début de la pandémie. La COVID-19 a incité les ultrariches et les mieux nantis à opter pour le transport aérien afin de se déplacer. Les constructeurs de luxueux jets accumulent les commandes et leurs carnets de commandes débordent.

« Même si des voyants signalent que l’économie [risque de ralentir], l’activité de l’aviation d’affaires continue à se maintenir au-delà des niveaux prépandémiques », souligne la firme d’analyse WingX.

À l’échelle mondiale, depuis le début du mois de mai, l’activité est en hausse de 13 % par rapport à 2019, avant la crise sanitaire. Il n’y a aucun signe de ralentissement à l’horizon, selon WingX. Bombardier a décroché 60 commandes pendant les trois premiers mois de l’année. Son ratio de nouvelles commandes par rapport aux livraisons a atteint 2,5 en date du 31 mars dernier.

L’avionneur a livré un peu plus de 100 Global 7500 depuis l’entrée en service de l’appareil, à la fin de 2018. Les propriétaires de l’avion pourront se procurer une mise à niveau afin d’accroître l’autonomie de leur jet privé.

En savoir plus

  • 5000
    Aux quatre coins du monde, il y a plus de 5000 jets d’affaires construits par Bombardier en service.
    SOURCE : BOMBARDIER