(Québec) Une entreprise pétrolière conteste déjà l’indemnisation de 100 millions proposée par le gouvernement Legault pour mettre fin aux activités d’exploration visant à trouver des hydrocarbures au Québec.

Mis à jour le 3 février
Patrice Bergeron La Presse Canadienne

Ressources Utica réclame la juste valeur pour mettre fin à ses activités et chiffre à des « centaines de milliards de dollars » le potentiel gazier auquel le Québec renonce.

L’entreprise soutient que des compagnies pétrolières ont investi plusieurs centaines de millions de dollars pendant des décennies pour découvrir des gisements.

« Ces investissements ont notamment mené à la découverte des Shales d’Utica, un immense champ gazier qui pourrait combler les besoins de consommation du Québec pendant plus d’une centaine d’années et dont la valeur en gaz se calcule en centaines de milliards de dollars », soutient Ressources Utica.

Enfin, la compagnie invoque la loi, qui prévoit qu’en cas d’expropriation, l’indemnité est fixée d’après la valeur du bien exproprié et du préjudice directement causé par l’expropriation.

Rappelons que mercredi, le gouvernement Legault a déposé un projet de loi en vue de mettre fin aux activités de recherche et d’exploitation de pétrole et de gaz et d’indemniser les entreprises de ce secteur.

Elles ont déjà estimé à 500 millions leurs réclamations pour les dépenses qu’elles ont engagées en exploration.

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, prévoit qu’il en coûtera 100 millions à l’État québécois, soit 33 millions pour fermer les puits puis restaurer les sites, ainsi que 66 millions pour couvrir les dépenses engagées depuis 2015 par cinq entreprises.

Le ministre juge que les 100 millions sont une « estimation assez fine » et qu’il ne devrait pas y avoir de « négociations potentielles », sous réserve de l’étude en commission parlementaire en vue de bonifier le texte.