(Montréal) Le Canadien National (CN) se réinvite dans la vente de Kansas City Southern (KCS) à son rival, le Chemin de fer Canadien Pacifique (CP). Le transporteur ferroviaire montréalais demande aux autorités réglementaires qu’une ligne de KCS soit exclue de la transaction et lui soit vendue.

Mis à jour le 13 janvier
Stéphane Rolland La Presse Canadienne

Le CN demande au Surface Transportation Board (STB) de rendre l’achat de KCS par CP conditionnel à la cession de la ligne de Springfield, qui relie Kansas City, dans le Missouri, aux municipalités de Springfield et de East St. Louis, en Illinois.

Le CN allègue que le CP et KCS n’auraient pas l’intention d’investir dans la ligne de Springfield et qu’ils favoriseraient une ligne parallèle existante. La société montréalaise promet d’investir 250 millions US dans la ligne, écrit-elle dans un avis d’intention déposé mercredi soir auprès du STB. Elle ne précise pas sur combien d’années ce montant serait investi. Selon elle, les investissements promis préserveraient la concurrence dans le marché du transport dans le Midwest.

CP répond que les affirmations du CN sont « trompeuses ». « Nous n’allons pas réduire le service sur aucune ligne, y compris celle mentionnée, réagit l’entreprise dans un communiqué. Nous allons maintenir le service existant et nous n’allons pas rediriger l’achalandage vers d’autres lignes, contrairement à ce qu’affirme le CN. » L’entreprise dit anticiper une augmentation du trafic de l’ordre de 30 % sur le trajet en question.

L’affrontement des géants canadiens du transport ferroviaire relance une rude bataille entre les deux rivaux au sujet de l’avenir de KCS. Après une première offre en mars, le CP a vu le CN renchérir avec une offre que KCS a jugé supérieure à la sienne. Celle-ci a toutefois été abandonnée en septembre, lorsque le STB des États-Unis a refusé au CN le recours à une fiducie de vote pour son offre sur KCS, affirmant que ce serait mauvais pour la concurrence. Les actionnaires de KCS ont finalement approuvé en décembre l’offre de 31 milliards US présentée par le CP.

Benoit Poirier, de Desjardins Marché des capitaux, estime que la cession d’actifs pourrait être une option logique dans la mesure où le STB accorde une grande attention à l’augmentation de la concurrence. L’analyste financier croit cependant qu’au moins quatre autres sociétés ferroviaires pourraient se montrer intéressées par une éventuelle cession.

CP affirme que les actifs que lorgne le CN représentent une part « importante » du plan stratégique de la nouvelle entité fusionnée. Après la transaction, CP veut dégager près de 1 milliard US de synergies en trois ans en concurrençant les transporteurs ferroviaires locaux et l’industrie du camionnage. M. Poirier croit toutefois que la cession de la ligne de Springfield ne changerait pas les aspects fondamentaux du projet d’acquisition du CP.

À la Bourse de Toronto en fin d’après-midi, l’action du CP gagnait 1,69 $, ou 1,78 %, à 96,43 $. L’action du CN, pour sa part, reculait de 0,59 $, ou 0,38 %, à 153,46 $.