Une flambée des cas d’infection au coronavirus, des restrictions de voyage et une demande en baisse : c’est une sensation de déjà-vu pour les compagnies aériennes, contraintes d’annuler des vols à cause du variant Omicron. Parallèlement, Transat A.T. se prépare à licencier 160 employés qui étaient en situation de mise à pied depuis l’été.

Publié le 6 janvier
Julien Arsenault
Julien Arsenault La Presse

Le voyagiste québécois a emboîté le pas à WestJet et Air Canada, jeudi, en signalant que 30 % de ses vols prévus d’ici le 25 février seraient annulés étant donné que les réservations sont en baisse et que les demandes d’annulation augmentent.

« Nous suivons la situation de près et, selon son évolution, nous déterminerons si d’autres ajustements seront nécessaires sur le reste de notre programme d’hiver », a indiqué le porte-parole de Transat A.T., Pierre Tessier.

Cette résurgence des cas d’infection constitue un pas de recul pour le secteur aérien, qui commençait à se relever d’une première année de pandémie qui a laissé de profondes séquelles.

La décision de la société mère d’Air Transat survient au moment où Air Canada vient de décider que son service sera réduit sur 14 destinations soleil du 24 janvier au 30 avril. WestJet a aussi réduit de 15 % son horaire de vol jusqu’à la fin de janvier. De nombreux membres de son personnel navigant doivent s’isoler parce qu’ils ont été infectés par la COVID-19.

Aux États-Unis, les compagnies aériennes ont également annulé plusieurs milliers de vols depuis le temps des Fêtes. « Nous sommes dans une période traditionnellement basse au chapitre de la demande », estime l’expert en aviation et chargé de cours à l’Université McGill John Gradek. « Je ne pense pas qu’il y aura des diminutions de services aussi importantes que par le passé. Espérons que cela sera chose du passé en mars. »

Transat A.T. n’a pas voulu préciser les liaisons concernées. Il s’agit, selon l’entreprise, de « vols où la rentabilité était affectée par les faibles taux de remplissage » et dans l’ensemble des « destinations offertes cet hiver ».

Le voyagiste affirme qu’il communiquera avec ses clients concernés par les changements. Ceux-ci pourront obtenir un remboursement. On leur offrira également des changements de date pour leur réservation.

Annulations en série

Selon les données sur l’aviation de la firme Cirium, les avions d’Air Transat devaient effectuer 264 vols ce mois-ci. Depuis le début de l’année, pas moins de 1417 vols ont été annulés par Air Canada (765), WestJet (615), Flair (23), Porter (2) et Sunwing (1), d’après Cirium.

Le 15 décembre dernier, en raison de la propagation du variant Omicron, le gouvernement Trudeau avait déconseillé les voyages non essentiels à l’étranger. Ottawa avait aussi lancé un avertissement aux voyageurs en indiquant que leur retour au pays pourrait être compliqué par de nouvelles restrictions de voyage.

Par courriel, Air Canada a indiqué qu’elle ne prévoyait pas de mises à pied en dépit d’une baisse du niveau d’activité. Chez Transat A.T., Pierre Tessier s’est borné à souligner que la situation évoluait « extrêmement rapidement » et que les « décisions appropriées » seraient prises en « temps opportun ».

Le voyagiste a par ailleurs fait parvenir deux avis de licenciement au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale le mois dernier concernant 161 employés. Il s’agit d’employés non syndiqués, selon le vice-président aux affaires publiques de Transat A.T., Christophe Hennebelle.

« La Subvention salariale d’urgence du Canada a pris fin le 28 août et, au Québec, les employés peuvent demeurer en mise à pied un maximum de six mois, a-t-il dit. À la fin de février, nous devons les rappeler ou les licencier. »

Depuis la reprise progressive de ses activités, en juillet dernier, Transat A.T. a rappelé de nombreux salariés qui avaient perdu leur gagne-pain en raison de la crise sanitaire. L’entreprise espérait procéder à un plus grand nombre de rappels, mais le variant Omicron « vient brouiller les cartes », a dit M. Hennebelle. D’après l’avis transmis au ministère du Travail, les licenciements s’effectueront les 26 et 27 février.

À la Bourse de Toronto, jeudi, le titre de Transat A.T. a clôturé à 4,14 $, en hausse de deux cents, ou 0,5 %.

Avec la collaboration de William Leclerc, La Presse

2600

Nombre d’employés actifs du voyagiste. Celui-ci comptait environ 5200 salariés avant la pandémie.