Connu partout dans le monde pour sa célèbre Vache qui rit ou encore son Mini Babybel, le Groupe Bel, qui produit plusieurs de ses fromages au Québec, flirte avec le végétal.

Publié le 23 déc. 2021
Nathaëlle Morissette
Nathaëlle Morissette La Presse

« Même si on est dans les produits laitiers, ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas aller également dans tout ce qui est consommation plus végétale », explique Marie-Eve Robert, vice-présidente au marketing du Groupe Bel Canada.

« Les recherches qu’on a faites démontrent qu’il y a un créneau de consommateurs aventuriers, qui ont vraiment des goûts différents, qui recherchent un mélange sensoriel, une expérience », ajoute-t-elle.

Afin de répondre aux besoins de ces amateurs de fromages – qui ne sont donc pas végétaliens –, l’entreprise a lancé en novembre deux nouveaux produits sous la marque La Vache qui rit. Ceux-ci combinent du fromage et des légumineuses.

Le Groupe Bel a également lancé au début de l’année 2021 une version de son Boursin sans produits laitiers. D’autres produits végétaux pourraient s’ajouter, indique Mme Robert. « Éventuellement, probablement qu’on pourra offrir sur l’ensemble de nos marques importantes des options 100 % végétales. »

Production végétale au Québec

Les deux nouveaux produits de La Vache qui rit, préparés à l’extérieur du pays, pourraient éventuellement être confectionnés ici. La Vache qui rit 100 % fromage est, pour sa part, produit au Québec depuis 2007, à l’usine de la Fromagerie Bergeron, à Lévis. Au cours de l’été, le Groupe Bel a investi 2,2 millions dans ces mêmes installations afin d’augmenter de 12 % sa production. Près de 97 % des fromages La Vache qui rit canadiens sont produits au Québec.

La Vache qui rit est en croissance au Canada. Au Québec, en ce moment, le quart des foyers consomment La Vache qui rit. Au Canada, on est autour de 19 %. C’est une opportunité pour nous d’avoir un peu plus de flexibilité si on veut amener d’autres innovations.

Marie-Eve Robert, vice-présidente au marketing du Groupe Bel Canada

Le Boursin et le Mini Babybel sont quant à eux respectivement produits à Saint-Hyacinthe – partenariat avec Agropur – et à Sorel-Tracy. « Notre objectif au Groupe Bel, c’est vraiment de s’installer localement », assure Marie-Eve Robert.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Les fromages Mini Babybel sont produits à Sorel-Tracy depuis 2020.

L’usine de Sorel-Tracy, un investissement de 87 millions de dollars, ne parvient toutefois pas à tourner à plein régime depuis son ouverture en 2020 en raison de la pénurie de main-d’œuvre. « C’est un défi, reconnaît Mme Robert. On pourrait en produire plus. On travaille sur un plan pour qu’en 2022, on puisse atteindre le volume qu’on voulait. »

La hausse du prix du lait

Comme d’autres transformateurs, le Groupe Bel n’est pas au bout de ses peines avec l’augmentation de 8,4 % du prix du lait à la ferme, recommandée à l’automne par la Commission canadienne du lait (CCL). « On doit trouver des solutions agiles pour compenser et pour que ce ne soit pas toujours le consommateur qui paie la facture. »

« L’ensemble de notre portfolio, comme tous les transformateurs, n’échappera pas à la hausse du coût des matières premières. C’est sûr et certain qu’il va y avoir une différence. Tout le monde doit s’y attendre. Mais c’est sûr qu’on essaie de travailler fort pour que le produit reste accessible. »

Le Groupe Bel en bref

Siège social : Paris, en France

Nombre d’usines de Bel dans le monde : 30

Quelques pays où l’entreprise est présente : Canada, États-Unis, France, pays d’Afrique du Nord, Viêtnam, Pologne

Quelques marques : Babybel, Boursin, La Vache qui rit

Nombre de pays où les fromages du groupe sont vendus : 120