(Toronto) La Banque Scotia est devenue la première grande banque à augmenter son dividende depuis que les restrictions à cet effet ont été levées, alors qu’elle ouvrait mardi le bal des résultats trimestriels bancaires de cette semaine.

Mis à jour le 30 nov. 2021
La Presse Canadienne

La banque a indiqué qu’elle augmentait son dividende trimestriel de 10 cents pour le faire passer à 1 $ par action. Elle prévoit en outre racheter jusqu’à 24 millions de ses actions après avoir fait état de revenus plus élevés pour son quatrième trimestre, tout en annonçant une migration accélérée au numérique pour sa division bancaire internationale.

L’augmentation du paiement aux actionnaires et le programme de rachat d’actions font suite à une décision du Bureau du surintendant des institutions financières, qui a levé, au début du mois, les restrictions qu’il avait mises en place au début de la pandémie de COVID-19, permettant ainsi aux banques et aux assureurs sous réglementation fédérale d’augmenter leurs dividendes, de reprendre leurs rachats d’actions et d’augmenter la rémunération de leurs dirigeants.

Le chef de la direction de la Scotia, Brian Porter, a indiqué mardi, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes, que les augmentations de paiement survenaient alors que la banque s’est largement remise des effets de la pandémie.

« Nos secteurs d’activité sont revenus à leurs niveaux de bénéfices d’avant la pandémie, ou les ont dépassés. »

Il a précisé que la pandémie avait également accéléré la cadence de l’adoption du numérique dans sa division internationale et que cette tendance ne s’était pas inversée à mesure que la pandémie reculait.

« De toute évidence, la pandémie a changé beaucoup de choses en ce qui a trait aux préférences des clients. […] Les ventes numériques dans nos activités internationales ont doublé depuis 2019. C’est un gros chiffre. »

En conséquence, la Banque Scotia a indiqué qu’elle inscrivait une charge de restructuration de 126 millions $ liée à la réduction de 10 % du nombre de ses succursales internationales et à une baisse de 7 % de ses employés à temps plein.

Les réductions doivent se poursuivre dans ses activités en Amérique latine et dans les Caraïbes, où la Scotia a déclaré avoir vu l’adoption du numérique passer de 35 % à 50 % dans la plupart des pays, et au-dessus de 65 % au Chili et en Colombie.

M. Porter a cependant affirmé que la banque n’observait pas la même tendance au niveau national.

« L’accélération et l’adoption du numérique à l’échelle internationale sont beaucoup plus rapides qu’ici, au Canada, pour ce qui est des préférences des clients, et nous devons en être conscients. »

La pandémie a également modifié les habitudes entourant l’achat de logements et a contribué à une forte augmentation des prix des maisons au Canada, en particulier par rapport aux bénéfices, mais Dan Rees, chef du groupe des services bancaires canadiens à la Scotia, a indiqué qu’il s’attendait à une plus faible demande à l’avenir.

« Nous pensons que l’offre soutient l’appréciation des prix. Et même si cela persiste, si les taux augmentent plus tôt dans l’année, comme je pense que plusieurs d’entre nous s’y attendent, nous prévoyons que cela va ralentir la demande. »

Il a ajouté que l’argent laissé en héritage dans les familles constituerait un soutien important pour la croissance des prêts hypothécaires à l’avenir, tout en minimisant les risques en ce qui a trait aux notes de crédit élevées des emprunteurs et au manque de croissance des prêts sur marge de crédit hypothécaire.

Profits et revenus en hausse au 4e trimestre

La Banque Scotia a affiché un bénéfice net de 2,6 milliards, ou 1,97 $ par action, pour le quatrième trimestre terminé le 31 octobre, par rapport à celui de 1,9 milliard, ou 1,42 $ par action, au même trimestre l’an dernier.

Ses revenus ont totalisé près de 7,7 milliards, contre 7,5 milliards un an plus tôt.

En excluant les éléments non récurrents, la Banque Scotia a réalisé un bénéfice ajusté de 2,10 $ par action, en hausse par rapport à celui de 1,45 $ par action du quatrième trimestre de l’année dernière.

Les analystes s’attendaient en moyenne à ce que la Scotia réalise un bénéfice ajusté de 1,90 $ par action, selon les données compilées par la société de données financières Refinitiv.

Les provisions pour pertes sur créances de la banque ont reculé à 168 millions $ au quatrième trimestre, contre 1,13 milliard un an plus tôt et 380 millions $ au troisième trimestre.

« Les reprises de provisions pour pertes sur créances ont soutenu cette performance, et cela est essentiellement dû à l’amélioration des prévisions macroéconomiques et à la solide qualité du crédit », a observé Carl De Souza, vice-président principal et chef de l’équipe bancaire chez DBRS Morningstar.

Il a souligné qu’un domaine clé à l’avenir serait la croissance non hypothécaire, y compris les soldes des prêts sur cartes de crédit, qui n’augmentent pas encore beaucoup puisque les clients ont toujours des liquidités supplémentaires.

« Les soldes des prêts hypothécaires ont alimenté les volumes de prêts, mais à l’avenir, nous voudrions voir ce qui se passe avec les volumes de prêts non hypothécaires. »

La Banque Scotia a indiqué que ses opérations bancaires canadiennes avaient rapporté 1,2 milliard, contre 778 millions $ au même trimestre l’an dernier.

Les opérations bancaires internationales ont gagné 528 millions $, contre 263 millions $ il y a un an, tandis que la gestion de patrimoine mondiale a gagné 385 millions $, contre 323 millions $. Les services bancaires et les marchés mondiaux ont gagné 502 millions $, contre 460 millions $.

Pour son exercice complet, la Banque Scotia a déclaré avoir gagné près de 10 milliards ou 7,70 $ par action, à partir de revenus totalisant 31,3 milliards, contre un bénéfice de près de 6,9 milliards ou 5,30 $ par action, sur 31,3 milliards de revenus un an plus tôt.

Le bénéfice ajusté de la Banque Scotia pour l’ensemble de l’exercice a totalisé 7,87 $ par action, contre 5,36 $ par action lors de l’exercice précédent.