(New York) Pour financer le réseau social qu’il veut lancer, l’ex-président et magnat de l’immobilier Donald Trump s’est tourné vers Wall Street, grâce à un outil d’investissement à la mode : une SPAC, une société-chèque en blanc qui permet de lever de l’argent plus facilement.

Agence France-Presse

Cette semaine, l’ancien président a annoncé le projet de « Truth Social », un service de microblogue dont les messages seront des « Truths » (des « vérités ») plutôt que des tweets, alors que M. Trump est interdit du réseau Twitter.

Coquille boursière

Pour ce faire, il va adopter une SPAC (« Special Purpose Acquisition Company »), une coquille vide préparée par un fonds d’investissement et déjà présente sur le marché.

Ce véhicule financier constitue une façon populaire d’entrer en Bourse, plus facile, plus rapide et moins contraignante, qui a fleuri sur les marchés financiers occidentaux depuis deux ans.

Cette solution offre l’avantage de la rapidité et de la simplicité des démarches ainsi que des dépenses généralement moins importantes par rapport aux lancements en Bourse traditionnel.  

D’abord introduites en Bourse sans activité commerciale au départ, ces sociétés attirent des investisseurs qui constituent une manne financière. Ces fonds sont ensuite apportés, à travers une fusion, à une start-up ou à une compagnie existante à la recherche de financements.

De nombreuses SPAC ont été ainsi utilisées pour des introductions en Bourse. Ce fut le cas de Virgin Galatic, la compagnie de tourisme spatial fondée par le magnat britannique Richard Branson, mais aussi tout récemment celui de WeWork, le réseau de bureaux partagés, entré à Wall Street cette semaine avec succès.

350 SPAC en un an

Sur les douze derniers mois, il s’est créé sur le marché boursier américain quelque 350 de ces coquilles vides ayant levé pour plus de 107 milliards de dollars de fonds, selon des données du cabinet Dealogics.

Près de la moitié de ces SPAC ont atteint leur but et fusionné avec une société, accumulant quelque 379 milliards de dollars de levées de fonds.

Les SPAC présentent aussi des risques et ont attiré l’attention des régulateurs sur des questions de transparence.

Souvent, les investisseurs n’ont aucune idée du projet dans lequel leurs fonds seront misés et avec quelle société leur SPAC va s’associer.

C’était le cas pour « DWAC », Digital World Acquisition Corp, la SPAC qui sera le support du réseau social de Donald Trump sur le NASDAQ.  

Plusieurs investisseurs, comme le fonds spéculatif Saba Capital, se sont retirés de l’affaire vendredi, ne voulant pas s’associer au projet de l’ancien président populiste.