(Toronto) Edward Rogers ne sera plus président du conseil d’administration de Rogers Communications, une décision qui survient comme le dernier développement d’une tempête dans la haute direction de l’entreprise.

La Presse Canadienne

Dans un communiqué jeudi après-midi, l’entreprise a annoncé que John A. MacDonald assumerait la présidence du conseil d’administration de Rogers.

« C’est une période difficile pour la société, et je tiens à réitérer au nom de la majorité des membres du conseil, notre appui et notre pleine confiance envers l’équipe de gestion et le chef de la direction de Rogers », a déclaré M. MacDonald dans le communiqué.

Edward Rogers, qui siège au conseil d’administration de Rogers depuis 2012, restera au conseil d’administration en tant qu’administrateur de l’entreprise, selon le communiqué.

Rogers Communications a cherché jeudi à rassurer les investisseurs en évoquant la crise qui sévit au sein de son conseil d’administration, laquelle aurait entraîné le départ d’un haut dirigeant et le lancement d’un comité de surveillance.

Le président et chef de la direction de Rogers, Joe Natale, a discuté publiquement de la querelle pour la première fois, lors de la conférence téléphonique au sujet des résultats trimestriels du géant des télécommunications.

Ses commentaires ont éclipsé les résultats, que les analystes ont généralement qualifiés de positifs, et surviennent alors que Rogers s’efforce de finaliser son acquisition de Shaw Communications.

M. Natale a affirmé qu’il continuait de bénéficier d’un « fort soutien sans équivoque » du conseil d’administration de l’entreprise familiale. Mais des reportages publiés ces derniers jours par certains médias ont fait état d’une tentative d’éviction de M. Natale par Edward Rogers. Cette tentative aurait été bloquée par d’autres membres du conseil, y compris les sœurs et la mère de M. Rogers, selon plusieurs des reportages.

« Je me sens soutenu, et soyez assurés que toute l’équipe de direction se concentre sur deux choses, a affirmé M. Natale lors de la conférence téléphonique avec les analystes. D’une part, la gestion de l’entreprise pour continuer à stimuler les performances, et d’autre part, la conclusion de la transaction avec Shaw et les synergies et les efforts d’intégration qui la sous-tendent. »

Selon certains médias, Edward Rogers aurait tenté de nommer l’ancien directeur financier Tony Staffieri au poste de chef de la direction et de remplacer d’autres membres de l’équipe de direction. M. Staffieri a quitté l’entreprise le 29 septembre et Paulina Molnar a été nommée directrice financière par intérim.

Jeudi, le conseil d’administration a annoncé qu’il avait formé un comité de direction responsable de la surveillance qui servira à « établir des protocoles clairs relatifs aux interactions entre le président du conseil et les membres de la direction », et a ajouté qu’il entreprendrait un examen exhaustif de la gouvernance d’entreprise.

« Le conseil est d’avis que ces actions renforceront davantage les pratiques de gouvernance d’entreprise de la société », est-il inscrit dans le document de discussion et d’analyse de la direction publié avec les résultats financiers du troisième trimestre de l’entreprise.

Profits en baisse

Rogers a affiché jeudi un bénéfice de 490 millions de dollars pour son troisième trimestre, en baisse par rapport à celui de 512 millions de la même période l’an dernier, même si ses revenus se sont maintenus au même niveau.

Le géant des télécommunications a précisé que son profit par action avait atteint 94 cents pour le trimestre clos le 30 septembre, en baisse par rapport à celui de 1,01 $ du même trimestre en 2020.

Sur une base ajustée, Rogers a engrangé un bénéfice par action de 1,03 $, en baisse par rapport à celui de 1,08 $ de l’an dernier. Les analystes s’attendaient en moyenne à un bénéfice ajusté par action de 1,02 $, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

Dans une note à ses clients, Valeurs Mobilières TD a qualifié les résultats de positifs, soulignant que l’augmentation du nombre de nouveaux abonnés au service sans fil et le faible taux de désabonnement avaient largement surpassé les attentes.

Rogers a ajouté 175 000 abonnés à ses services sans fil postpayés, la plus forte augmentation à ce chapitre, pour un troisième trimestre, en 13 ans. La société a également affiché le taux de désabonnement aux services postpayés — un indicateur du nombre de clients qui partent — le plus bas jamais enregistré pour un troisième trimestre.

« Alors que le désordre des discussions au conseil et dans la famille continue de faire les manchettes, les résultats (du troisième trimestre) de Rogers montrent des signes significatifs d’amélioration pour de nombreux paramètres clés », a fait valoir la note de Valeurs Mobilières TD.

« La croissance des revenus des services a également dépassé nos attentes consensuelles, et nous notons que la croissance sur deux ans […] s’est considérablement améliorée. »

Les revenus ont totalisé 3,67 milliards, un chiffre d’affaires semblable à celui de l’an dernier, une hausse des revenus pour ses services du sans-fil et de câblodistribution ayant été contrebalancée par une baisse des revenus des médias et de l’équipement sans fil.

Rogers a annoncé plus tôt cette année son intention d’acquérir Shaw Communications dans le cadre d’une transaction évaluée à environ 26 milliards, en incluant la dette de 6 milliards de Shaw. L’acquisition n’a pas encore reçu le feu vert des autorités réglementaires.