(New York) Le groupe américain de produits de grande consommation Procter & Gamble (P & G) a prévenu mardi que les coûts des matières premières et des transports pesaient sur son activité et a prévu de nouvelles hausses de prix pour compenser.

Agence France-Presse

L’entreprise, qui a aussi dévoilé des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, maintient pour l’instant ses prévisions de chiffre d’affaires et de bénéfice net pour l’ensemble de son année comptable, précise un communiqué.

Mais elle prévoit désormais que le surcoût après impôt en matières premières et en transport pour ses produits, qui vont du savon à lessive Tide aux produits nettoyants Monsieur Net, en passant par les rasoirs Gillette, les brosses à dents Oral-B et les couches Pampers, va augmenter plus rapidement que prévu : il devrait atteindre 2,3 milliards de dollars, contre 1,9 milliard anticipé auparavant.

Les augmentations de coûts concernent aussi bien le transport, les entrepôts, les produits chimiques, les emballages que l’énergie, a précisé le directeur financier Andre Schulten lors d’une conférence avec des journalistes.

Et « nous n’anticipons pas que la pression sur les coûts des matières premières va s’apaiser », a-t-il prévenu.

Procter & Gamble avait déjà annoncé au printemps que pour compenser une partie de la hausse du coût des matières premières, il allait augmenter de 5 % à 10 % aux États-Unis les prix des couches Pampers et protections féminines Always et Tampax, entre autres.  

Le groupe prévoit désormais d’augmenter aussi le tarif de certains produits destinés à l’hygiène dentaire, à la peau et au rasage dans les magasins américains, a indiqué M. Schulten.  

Produits modifiés

Pour gérer les problèmes de chaîne d’approvisionnement, Procter & Gamble tente aussi bien de jongler entre ses différents fournisseurs et les lignes maritimes disponibles que de modifier un peu la composition de certains produits en fonction des matériaux disponibles, a souligné le directeur financier.  

Là où il anticipe des goulots d’étranglement, le groupe tente de se constituer en amont des réserves dans lesquelles il peut puiser au besoin.

Dans cet « environnement de coûts et d’exploitation difficile », le groupe est parvenu à dégager « des résultats solides » entre juillet et septembre, a estimé son PDG, David Taylor, cité dans le communiqué.  

Sur la période, qui correspond à son premier trimestre comptable, le chiffre d’affaires a progressé de 5 % à 20,3 milliards quand les analystes anticipaient 19,91 milliards de dollars.  

Il a été tiré par une hausse des volumes de ventes de 2 %, des effets de change à hauteur de 1 % et des augmentations de prix à hauteur de 1 % également.  

Sur le trimestre, le bénéfice net a reculé de 4 % pour atteindre 4,11 milliards de dollars.  

La hausse des ventes « a été plus qu’entamée par une réduction des marges en raison des coûts de matières premières et de transports de marchandises plus élevés qu’anticipé », a souligné l’entreprise.  

Le coût des produits vendus a augmenté au total de 13 %.  

Rapporté par action la référence à Wall Street, le bénéfice de l’entreprise s’est porté à 1,61 dollar contre 1,59 dollar attendu par les analystes.