Pascal Tremblay a accompagné plusieurs belles sociétés technologiques du Québec pendant sa carrière d’investisseur et l’ambition qu’il caresse pour l’entreprise montréalaise de services infonuagiques Syntax ne fait aucun doute.

Richard Dufour
Richard Dufour La Presse

« Ce qu’on rêve de faire avec Syntax, c’est un autre Nuvei », dit le président et associé directeur chez Novacap, une firme privée d’investissement de Brossard.

Nuvei est cette entreprise montréalaise de solutions de paiement électronique dans laquelle Novacap est actionnaire depuis 2017 et qui a fait une entrée remarquée à la Bourse de Toronto l’année dernière en récoltant 700 millions US.

Il s’agissait du plus important premier appel public à l’épargne du secteur des technologies au Québec sur le plan des capitaux réunis et de la capitalisation boursière, mais aussi du plus important jamais réalisé par une entreprise de ce secteur à Toronto.

L’action de Nuvei a d’ailleurs triplé depuis son entrée en Bourse.

Fonds de continuation

Novacap annoncera ce mercredi qu’elle crée un fonds de continuation, c’est-à-dire un véhicule d’investissement qui permet de racheter Syntax et de réinvestir dans l’entreprise aux côtés de grands investisseurs comme Goldman Sachs, notamment.

« Notre fonds arrivait à sa fin et à la limite de capital pouvant être investi dans une seule entreprise », dit Pascal Tremblay.

Au lieu de créer un nouveau fonds qui comportera plusieurs investissements dans différentes entreprises, Novacap met en place un véhicule uniquement destiné à Syntax qui s’apparentera à une société en commandite où Novacap sera le commandité et des investisseurs institutionnels seront les commanditaires.

PHOTO FOURNIE PAR SYNTAX

Pascal Tremblay, de Novacap, en compagnie du PDG de Syntax, Christian Primeau

Cette initiative permet de « continuer » d’investir dans Syntax, d’où l’expression « fonds de continuation », un type de véhicule qui gagne en popularité, souligne Pascal Tremblay.

Novacap a originalement investi dans Syntax en 2016 par l’entremise d’un de ses fonds dont la durée de vie moyenne est d’environ cinq ans, pendant lesquels la firme investit dans plusieurs entreprises en compagnie d’investisseurs externes.

On a fait grandir Syntax en multipliant par 15 son chiffre d’affaires. On pense qu’on peut la faire grandir encore beaucoup plus. On a donc décidé de la garder plutôt que de la vendre à d’autres ou à des étrangers.

Pascal Tremblay

Novacap a ainsi levé 1,1 milliard US pour racheter Syntax et continuer de la faire grandir. « On rachète l’entreprise pour environ 800 millions US et on a ajouté 300 millions US additionnels en capital pour appuyer son expansion future », indique Pascal Tremblay.

L’argent aidera notamment Syntax à réaliser de nouvelles acquisitions pour continuer d’augmenter le chiffre d’affaires annuel qui se situe aujourd’hui près du demi-milliard de dollars canadiens.

« On se donne trois ans pour investir les 300 millions US », dit Pascal Tremblay.

Qu’est-ce que Syntax ?

Fondée il y a une cinquantaine d’années, Syntax se spécialise dans les services de gestion d’hébergement dans le nuage en appui à l’implantation de progiciels de gestion tels SAP, Oracle et JD Edwards.

Outre l’hébergement, l’entreprise montréalaise offre des services de mise à jour de gestion d’applications et du soutien en continu.

Syntax a réalisé plusieurs acquisitions dans les dernières années. La plus importante – estimée à plusieurs centaines de millions – est sans doute celle de 2018 impliquant Freudenberg IT, un fournisseur allemand de services infonuagiques.

L’effectif de Syntax est d’approximativement 1750 employés un peu partout dans le monde. L’entreprise compte 16 bureaux répartis au Canada, aux États-Unis, au Mexique, en Allemagne, en France, en Espagne, au Portugal, en Slovaquie, en Inde et en Chine.