Vendredi, l’hôtel du Complexe Desjardins a annoncé au Tribunal du travail qu’il allait fermer ses portes jusqu’à nouvel ordre. En grève depuis quatre semaines, le DoubleTree par Hilton Montréal a eu recours illégalement à des briseurs de grève, indique un rapport d’enquête du ministère du Travail.

Isabelle Dubé
Isabelle Dubé La Presse

Dans une note envoyée aux syndiqués vendredi après-midi, l’employeur écrit : « Pour votre information, en raison de la situation actuelle, les propriétaires de l’hôtel DoubleTree par Hilton Montréal ont pris la difficile décision hier le 30 septembre de cesser temporairement les opérations de l’hôtel jusqu’à nouvel ordre. »

Convoqués devant le Tribunal administratif du travail vendredi à la suite d’un rapport ayant révélé le recours aux briseurs de grève, les représentants de l’hôtel ont affirmé devoir fermer l’établissement du Quartier des spectacles à cause de la pandémie et des pertes de milliers de dollars subies au cours des derniers mois.

Le Tribunal n’a pas pu se prononcer sur le rapport d’enquête, car les représentants de l’établissement ont invoqué un problème technique lié au nom de l’entreprise qui a été récemment changé. L’audience aura lieu à une date ultérieure.

Joint au téléphone, le directeur des chambres du DoubleTree par Hilton Montréal, Benjamin David, a expliqué à La Presse que la haute direction avait embauché une firme de communication qui commenterait dans les prochains jours la fermeture de l’établissement.

« Pénurie de briseurs de grève »

Après le cas du Delta de Québec, le syndicat espérait une ordonnance du Tribunal. Le DoubleTree par Hilton Montréal a employé sept briseurs de grève pour exploiter son établissement lors du long congé de la fête du Travail, révèle le rapport de l’enquêteur du ministère du Travail Jean-Pierre Gosselin.

« L’employeur a l’habitude de sortir des lapins de son sac. On n’est pas à un lapin près, affirme en entrevue Michel Valiquette, trésorier et responsable du secteur Tourisme de la Fédération du commerce (FC-CSN). Si on mettait autant d’énergie à trouver des solutions aux problèmes de relations de travail, on aurait déjà réglé cette convention collective depuis un long moment. »

Le samedi 4 septembre, 329 des 595 chambres étaient occupées, soit un taux d’occupation de 55,48 %.

L’employeur affirmait n’employer que 13 cadres pour s’occuper de l’entretien des chambres et de la réception, alors qu’avant la grève générale de ses syndiqués, il en fallait plus du double pour ces activités.

Le syndicat ne comprend pas ce qui pousse un hôtel aussi bien situé et achalandé à fermer ses portes au moment où Québec annonce des assouplissements importants, notamment en ce qui concerne le nombre de participants à un congrès.

« La situation devient tellement difficile pour les cadres que certains quittent le navire. Je pense qu’il y a non seulement une pénurie de personnel, mais aussi de briseurs de grève. L’employeur n’est plus en mesure d’opérer l’hôtel et il ferme », soutient Michel Valiquette.

Pour l’instant, lorsque les clients appellent pour réserver une chambre à l’hôtel du Complexe Desjardins, des cadres à la réception proposent de les loger à l’hôtel InterContinental, qui appartient au même propriétaire.