(Toronto) La firme d’investissement militante TCI Fund Management a accentué ses pressions pour imposer des changements au conseil d’administration de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN), après que les efforts de cette dernière pour acquérir un transporteur ferroviaire américain ont frappé un nouveau mur.

Ian Bickis La Presse Canadienne

La société britannique a indiqué, lundi, qu’elle avait l’intention de réclamer la tenue d’une assemblée extraordinaire des actionnaires du CN afin de « rafraîchir » le conseil d’administration de l’entreprise en y ajoutant quatre membres qu’elle a choisis.

Le fonds, qui est aussi le plus grand investisseur du Chemin de fer Canadien Pacifique (CP), a en outre proposé que Jim Vena, ancien chef de l’exploitation du CN, soit nommé en remplacement du chef de la direction actuel, Jean-Jacques Ruest.

Cette annonce survient un jour après que le transporteur Kansas City Southern (KCS) a indiqué avoir déterminé que l’offre d’achat du CP était supérieure à celle du Canadien National. Le transporteur établi à Montréal a subi un revers, le mois dernier, lorsque le Surface Transportation Board des États-Unis a rejeté une approbation réglementaire clé liée à sa proposition de transaction.

Par conséquent, KCS a annoncé son intention de mettre fin à son entente avec le CN et de signer un accord définitif avec le CP, dont l’offre est évaluée à environ 31 millions $ US, dette comprise.

« Une incompréhension de l’industrie ferroviaire »

Le chef de la direction du CP, Keith Creel, a indiqué que son chemin de fer était prêt à conclure son entente avec KCS.

« Nous sommes ravis d’atteindre cette importante étape et, une fois de plus, aller de l’avant avec ce partenariat unique. »

Chris Hohn, partenaire chez TCI, a indiqué que le fonds avait lancé sa course aux procurations après que l’offre du CN pour KCS a mis en lumière « une incompréhension de base au sujet de l’industrie ferroviaire ».

« Le conseil a mal évalué le STB à plusieurs reprises et a démontré que son processus de décision était faillible, engageant des milliards de dollars dans sa conquête mal avisée d’un actif inatteignable. Le CN devrait consacrer ses efforts à devenir meilleur plutôt qu’à devenir plus gros. »

Les commentaires de M. Hohn surviennent alors que le CN prépare sa prochaine décision dans le dossier. Il dispose de cinq jours ouvrables pour apporter des modifications à son offre afin de regagner le soutien du conseil d’administration de KCS.

Dans un communiqué publié lundi, le CN a indiqué qu’il prenait acte de l’annonce de TCI, mais qu’il ne ferait aucun commentaire tant qu’il n’aura pas reçu et étudié une requête formelle de la part du fonds. Le transporteur n’a pas offert de commentaire au sujet de la plus récente décision de KCS.

L’offre du CN est évaluée à environ 33,6 milliards US, dette comprise, mais le Surface Transportation Board a refusé à la fin d’août de lui permettre d’avoir recours à une fiducie de vote pour conclure l’accord, faisant valoir que ce dernier aurait un impact défavorable sur la concurrence.

Le CP, dont la taille et la présence aux États-Unis sont moins importantes que celles du CN, a déjà obtenu le droit d’avoir recours à une telle fiducie de vote.

La fiducie permettrait aux actionnaires de KCS d’être payés avant que le groupe de réglementation américain termine son examen du projet de prise de contrôle.

Le CP avait signé un accord en mars pour acheter KCS, mais le CN a surpassé cette offre et a obtenu le soutien du conseil d’administration de KCS pour sa proposition en mai.

Lorsque KCS a abandonné l’entente avec le CP en mai, le CN a accepté de couvrir l’indemnité de rupture de 700 millions $ US que l’américaine devait verser au CP. En vertu de la plus récente offre de CP, révisée en août, le chemin de fer de Calgary rembourserait cette indemnité de rupture, en plus d’en verser une nouvelle, de même valeur, au Canadien National.