Une nouvelle entreprise montréalaise de technologie de télémédecine, ORO Santé, vient de lever 3 millions de dollars en capital et en prêt de développement auprès d’un trio d’investisseurs privés en capital-risque.

Martin Vallières
Martin Vallières La Presse

Il s’agit de Desjardins Capital, du fonds privé montréalais TGIC2 et de la firme torontoise MCI Onehealth.

Avec cette première levée de fonds, ORO Santé veut accélérer le développement de sa plateforme technologique de télémédecine dite « asynchrone » pour le marché des cliniques médicales.

Pour l’essentiel, à la différence de la télémédecine traditionnelle, la télémédecine asynchrone ne nécessite pas la prise de rendez-vous entre le patient et le médecin. Les échanges se font plutôt de façon continue et flexible avec la messagerie électronique instantanée, « à la convenance des deux parties, ce qui facilite grandement la gestion du temps pour tous », selon les explications fournies par les promoteurs d’ORO Santé.

« La technologie mise au point par ORO Santé permet aux patients d’accéder plus facilement à l’expertise des professionnels de la santé et d’obtenir des soins fiables, rapides et de façon sécurisée, à toute heure et dans le confort de leur domicile », lit-on dans leur document de présentation.

Selon Émilie Bourgeault, médecin spécialisée en dermatologie et cofondatrice d’ORO Santé, « la confiance des investisseurs témoigne du sérieux de notre projet de plateforme de télémédecine asynchrone, et de l’urgence de répondre au besoin de plus en plus criant des patients et des cliniciens ».

ORO SANTÉ

Émilie Bourgeault, médecin-dermatologue et cofondatrice d’ORO Santé

D’ailleurs, la création d’ORO Santé découle de l’essor récent d’une autre entreprise créée par Mme Bourgeault et des associés, DermaGO, plateforme de télémédecine spécialisée en dermatologie.

Durant la pandémie, DermaGO a bénéficié d’une forte accélération de la demande pour ses services qui permettent à un patient d’obtenir en quelques heures un diagnostic pour des problèmes de peau mineurs de la part d’un dermatologue certifié, et ce, sans avoir à consulter d’abord un médecin généraliste.

« Pour la suite, ORO Santé prend en main le développement technologique de la plateforme logicielle créée chez DermaGo, avec l’objectif d’en faire une technologie de télémédecine de type clés en main pour le marché des cliniques de dermatologie », a expliqué Mme Bourgeault lors d’un entretien avec La Presse.

« Dans un deuxième temps, ORO Santé pourra adapter cette plateforme logicielle pour les cliniques d’autres spécialités médicales qui souhaitent développer ou améliorer leurs services en télémédecine. »

Des possibilités « immenses »

De l’avis de Michel Noël, comptable de profession maintenant retraité et codirecteur de TGIC2, fonds d’investissement privé spécialisé en jeunes pousses technologiques, « la technologie de télémédecine d’ORO Santé se développe rapidement, ainsi que la demande pour ce genre de services dans les cliniques médicales au Canada et ailleurs dans le monde ».

« La pandémie nous a permis de réaliser les possibilités immenses de la télémédecine, et la medtech montréalaise ORO Santé a développé une solution unique », indique Marie-Hélène Nolet, cheffe de l’exploitation de Desjardins Capital, dans un communiqué.

Chez MCI Onehealth, à Toronto, le président et chef de la direction, Alexander Dobranowski, médecin de profession, explique que la décision d’investir au capital initial d’ORO Santé découle d’un intérêt commun pour l’avancement de la télémédecine plus personnalisée entre patients et médecins.

« Le fait de pouvoir offrir à ces patients des consultations en médecine spécialisée à travers une technologie aussi facile d’utilisation, soutenue par de puissantes fonctions d’analyse, fait partie de notre vision qui consiste à réaliser la promesse d’une médecine plus précise et mieux personnalisée que jamais », selon M. Dobranowski.