Hootsuite, entreprise canadienne de gestion des réseaux sociaux, a annoncé mardi l’acquisition de l’entreprise émergente montréalaise d’IA conversationnelle Heyday pour 60 millions de dollars. Le but : accentuer sa présence dans l’est du pays tout en offrant des services allant du marketing à la vente en ligne à l’aide des technologies d’intelligence artificielle.

Lila Dussault
Lila Dussault La Presse

« On cherchait une nouvelle façon d’aller chercher des marques à l’international, explique Steve Desjarlais, cofondateur et président de Heyday. Quand on a entamé les discussions avec Hootsuite, on a trouvé que c’était une belle façon de mettre en branle notre plan pour les quatre prochaines années. »

Hootsuite, géant canadien de l’industrie des logiciels de gestion des réseaux sociaux pour les entreprises, compte plus de 18 millions d’utilisateurs dans le monde. Parmi les 210 000 clients payants, on retrouve notamment Hydro-Québec. « Nous avons traditionnellement été du côté de la création de marketing et de la promotion, indique Tom Keiser, président-directeur général de Hootsuite. Nous aidons les marques et les organisations à créer et à amplifier leur message [sur les réseaux sociaux]. »

Si l’utilisation des réseaux sociaux comme Facebook et Instagram a augmenté de façon vertigineuse depuis la pandémie, l’institut de recherche Edison Research a révélé que 39 % des consommateurs s’attendaient à une réponse de l’entreprise dans les 60 minutes après l’avoir jointe en ligne.

Or, le temps moyen d’une réponse est de cinq heures. C’est ici que Heyday entre en jeu.

De la conversation à la vente en ligne

« Notre mission, c’est de révolutionner la façon dont les gens interagissent avec les marques sur les canaux numériques », raconte Steve Desjarlais. La jeune pousse montréalaise a mis au point un système de conversation automatisé et personnalisé pour les réseaux sociaux privés, comme Messenger ou WhatsApp. Cette technologie s’intègre facilement aux plateformes de vente en ligne des entreprises.

Le but, c’est d’automatiser les réponses aux questions répétitives, pour que les vendeurs puissent se concentrer sur les conversations qui requièrent une touche humaine.

Étienne Mérineau, cofondateur de Heyday

Fondée en 2017, Heyday a triplé ses ventes dans la dernière année et atteint 80 employés récemment. L’entreprise compte des clients internationaux comme Lacoste, Décathlon, le Cirque du Soleil, Danone, Rudsak et Jack & Jones (Bestseller). Selon les cofondateurs, le fait d’avoir conçu la technologie en français et en anglais simultanément leur a permis de percer le marché européen. Heyday est aujourd’hui présente en Allemagne, en Angleterre, en Croatie, en Slovénie et en France, notamment.

Lisez notre article « Heyday : bonjour, comment puis-je vous aider ? »

Culture et valeurs communes

C’est avec des entreprises québécoises que Heyday a conçu sa technologie : Maison Simons, Groupe Dynamite, BonLook, Bicycles Quilicot, etc. « On dit souvent que les marques au Québec prennent les virages innovants en retard, note Steve Desjarlais. Cette fois-ci, on peut confirmer que plusieurs marques québécoises ont embarqué dans le bateau de l’intelligence artificielle avec nous. »

« Je suis très fier, quand je rentre dans un centre commercial, de voir que la moitié des marques font affaire avec nous », ajoute Étienne Mérineau.

Pour les cofondateurs de Heyday, s’associer avec une entreprise qui partageait sa vision et ses valeurs était primordial. « On est des gestionnaires très humains. On sait que pour réussir une acquisition et une transformation, il faut que le fit culturel soit présent, constate Steve Desjarlais. Tant sur le plan de l’innovation que sur le plan de l’approche, on est très heureux de continuer à grandir avec une entreprise qui a les mêmes valeurs que les nôtres », affirme-t-il.

« Nous sommes très excités d’être parvenus à cet accord, et je crois que nos clients seront enchantés aussi », conclut Tom Keiser, de Hootsuite.