(New York) Le constructeur automobile américain Ford a relevé mercredi certaines de ses prévisions pour l’ensemble de l’année, après avoir compensé au deuxième trimestre les problèmes de semi-conducteurs par des hausses de prix grâce à la solide demande pour ses véhicules.

Agence France-Presse

Le groupe avait prévenu qu’il s’attendait à voir sa production diminuer d’environ 50 % sur la période à cause du manque de puces électroniques qui frappe l’ensemble du secteur, ce qui aurait conduit à une perte.

Ford a bien dû fermer temporairement certaines usines faute de ces petits composants devenus indispensables dans la production des automobiles.

Mais l’entreprise a parallèlement profité de la forte demande pour ses voitures, camionnette et camions pour « optimiser les revenus et les profits » en offrant moins de promotions et en se concentrant sur les véhicules les plus rentables. Leur prix moyen en Amérique du Nord a augmenté de 14 % sur un an.

Ces mesures lui ont permis de dégager un bénéfice net de 561 millions de dollars.

Rapporté par action et hors éléments exceptionnels, la mesure préférée des investisseurs de Wall Street, le bénéfice s’est élevé à 13 cents alors que les analystes s’attendaient à une petite perte.  

Le patron du groupe, Jim Farley, a souligné lors d’une conférence téléphonique qu’il constatait actuellement « des signes d’amélioration dans le flux des semi-conducteurs ».  

« La situation reste fluide, notamment en raison de la difficile reprise » de l’un ds principaux fournisseurs de Ford, le groupe japonais Renesas touché par un incendie en mars, a-t-il ajouté.  

Le problème pourrait persister « jusqu’au premier semestre 2022 », a estimé la direction.

Modèles électriques plébiscités

De nombreux Américains, aux portefeuilles gonflés par les aides du gouvernement et les économies réalisées pendant la pandémie, cherchent actuellement à profiter des faibles taux d’intérêt pour s’offrir une nouvelle voiture. Ceux possédant déjà un véhicule sont d’autant plus incités à le faire que les prix de revente sont actuellement à des niveaux très élevés.

Le chiffre d’affaires de Ford a progressé de 38 % d’avril à juin par rapport à la même période en 2020, quand la propagation de la COVID-19 avait conduit à la fermeture temporaire de nombreuses usines, pour atteindre 26,75 milliards de dollars.

Pour l’ensemble de l’année, le groupe a relevé sa prévision de bénéfice ajusté avant intérêts et impôts d’environ 3,5 milliards de dollars : il est désormais attendu entre 9 et 10 milliards.  

La progression des volumes de ventes devrait plus que compenser les coûts plus élevés en matières premières ou la baisse des profits de la branche financière de Ford, affirme le constructeur.

Les réservations pour des véhicules étaient sept fois plus élevées fin juin qu’à la même date l’an dernier.  

« Avec la demande supplémentaire actuelle et prévue pour certains modèles dont le VUS Bronco et, plus tard, les camionnette Maverick et F-150 Lightning », l’entreprise « est prête à rebondir lorsque les approvisionnements en semi-conducteurs se stabiliseront », a assuré M. Farley.

Les nouveaux modèles électriques du groupe sont particulièrement plébiscités, qu’il s’agisse de la Mustang Mach-E déjà sur le marché, ou du F150 Lightning, qui a déjà reçu 120 000 pré-commandes depuis sa présentation en mai, a précisé le dirigeant.

L’action du groupe prenait 3,5 % dans les échanges électroniques suivant la clôture de la Bourse de New York.