Peu de temps après la fin d’un arrêt de production planifié de trois semaines, les activités sont perturbées dans l’usine torontoise Downsview de Bombardier en raison d’une grève. Le débrayage concerne également De Havilland, qui partage les installations avec l’avionneur québécois.

Julien Arsenault
Julien Arsenault La Presse

En dépit de la tournure des évènements, qui survient faute d’ententes afin de renouveler le contrat de travail de quelque 2200 employés, les négociations se poursuivaient, mardi. Unifor négocie de manière distincte avec Bombardier et De Havilland.

« Notre syndicat continuera de tout mettre en œuvre pour obtenir des ententes équitables, mais nous avons un certain nombre de problèmes clés à résoudre avec chacun des employeurs », a indiqué le président d’Unifor Jerry Dias, dans une déclaration.

Chez Bombardier, c’est environ 1200 employés qui sont en grève. Il s’agit de travailleurs qui assemblent la famille d’avions Global, dont le jet d’affaires Global 7500, dont la finition s’effectue à Dorval.

Les livraisons prévues par l’avionneur québécois et les activités de finition ne seront pas affectées par le débrayage. La multinationale n’a toutefois pas voulu spéculer de l’incidence d’un arrêt de production qui se prolongerait. Bombardier doit dévoiler ses résultats du troisième trimestre le 5 août.

« Nos efforts visent fermement à mener le processus de négociation jusqu’à un accord », a souligné le porte-parole de la compagnie Mark Masluch.

Bombardier compte environ 800 salariés non syndiqués à Downsview dans les secteurs de l’ingénierie, de l’approvisionnement, de la finance et du soutien à la production. Ceux-ci ne sont pas concernés par la grève.

Selon Unifor, les points au cœur des négociations avec l’avionneur concernent entre autres les régimes de retraite ainsi que le recours aux entrepreneurs externes. Du côté de De Havilland, elles portent sur l’avenir de la production de l’avion turbopropulsé Q400. D’autres enjeux concernent le départ prévu des deux compagnies du site de Downsview.

Plus tôt cette année, De Havilland avait indiqué qu’elle cesserait la production des Q400 une fois que le carnet de commandes serait vide. Cette décision avait entraîné des centaines de mises à pied.

Unifor souhaite que De Havilland, filiale de Longview Aviation Capital, s’engage à continuer d’assembler ces appareils dans le Grand Toronto. Longview avait acquis ce programme des mains de Bombardier en 2019 pour 300 millions $ US.

M. Dias craint de voir la production être déplacée vers les installations exploitées par De Havilland en Alberta.

Bombardier avait cédé le site de Downsview, un terrain de 148 hectares, à l’Office d’investissement et des régimes de retraite du secteur public en 2018 pour 635 millions $. L’entreprise effectuera l’assemblage de ses Global dans une nouvelle usine qui verra le jour à l’Aéroport international Pearson de Toronto.