(New York) Le groupe pharmaceutique américain Johnson & Johnson (J & J) anticipe pour 2021 la vente de 2,5 milliards de dollars de vaccins anti-COVID-19 et, profitant de la reprise des procédures médicales non urgentes, a relevé ses prévisions pour l’ensemble de l’année.

Agence France-Presse

La société, qui vend le sérum à prix coûtant, en a écoulé pour 164 millions de dollars au deuxième trimestre, après en avoir vendu pour 100 millions au premier trimestre, détaille mercredi un communiqué sur ses résultats trimestriels.

C’est relativement peu par rapport aux ventes de vaccins contre le coronavirus de Moderna ou Pfizer, ce dernier ayant prévu en mai d’en vendre pour 26 milliards de dollars dans le monde cette année.

Les ventes du vaccin au premier semestre ont été calculées sur la base d’un prix à 5 dollars la dose, a précisé le directeur financier Joseph Wolk lors d’une conférence téléphonique avec des analystes.

Mais le prix du vaccin à prix coutant pourrait monter jusqu’à 8 dollars, a-t-il ajouté en soulignant que le coût final dépendra des dépenses prises en compte et des volumes produits.

Approuvé en urgence aux États-Unis en février dernier, le sérum de J & J a enregistré plusieurs revers, dont une suspension de dix jours en avril après le signalement de femmes ayant développé des cas graves de caillots sanguins, et des problèmes de production dans une usine à Baltimore.

Trop tôt pour anticiper 2022

Le groupe cherche actuellement à étendre la production à 10 sites dans le monde, a indiqué M. Wolk.

Pour la suite, « il est tout simplement trop tôt pour fournir des informations spécifiques sur les perspectives du vaccin anti-COVID-19 en 2022 compte tenu des incertitudes sur le besoin ou non d’un rappel et sur les nouveaux variants », a par ailleurs prévenu le directeur financier. « Le marché pour les vaccins contre la COVID-19 va continuer à évoluer. »

Le groupe assure que, selon ses données, son vaccin Janssen à dose unique contre la COVID-19 est efficace pendant au moins huit mois.

Au deuxième trimestre, J & J a en tout cas profité des campagnes de vaccination contre la COVID-19, qui ont permis le retour des procédures non-urgentes et la reprise des ventes d’appareils médicaux comme les prothèses. Ces dernières ont bondi de 62,7 %.

Le chiffre d’affaires total de l’entreprise, qui comprend aussi sa division pharmaceutique (+17,2 %) et sa division de produits d’hygiène et de santé de grande consommation comme les crèmes et les pansements (+13,3 %), a progressé de 27,1 % à 23,3 milliards de dollars.  

J & J s’attend désormais à un chiffre d’affaires compris entre 91,3 et 92,1 milliards de dollars en 2021 (93,8 et 94,6 milliards en incluant les ventes du vaccin anti-COVID-19), contre une fourchette comprise entre 90,6 et 91,6 milliards auparavant.

Le groupe a par ailleurs vu son bénéfice net s’envoler de 73 % à 6,28 milliards de dollars au deuxième trimestre.  

Rapporté par action et hors éléments exceptionnels, il s’affiche à 2,48 dollars, contre 2,27 attendus par les analystes.  

Pour l’ensemble de l’année, le groupe prévoit un bénéfice ajusté compris entre 9,60 et 9,70 dollars, contre 9,42 et 9,57 dollars auparavant.

Le titre reculait de 0,2 % dans les premiers échanges à Wall Street.