Couche-Tard soutient avoir développé un modèle d’affaires qui peut être rentable pour réaliser la transition vers les véhicules électriques et affirme être prête à l’implanter ici.

Richard Dufour
Richard Dufour La Presse

À l’occasion d’une présentation pour investisseurs, la direction a fait le point mercredi sur ses activités en Norvège. Couche-Tard considère ce pays scandinave comme son laboratoire en raison du fort taux de pénétration des voitures électriques.

D’entrée de jeu, le responsable des opérations en Europe, Hans-Olav Høidahl, a affirmé que la question n’était plus de savoir si l’électrification du parc automobile allait se produire, mais plutôt à quel rythme. « La plupart des gens s’entendent pour dire que le coût de production des véhicules à moteur et des véhicules électriques sera devenu équivalent d’ici trois ans », a-t-il dit.

Il a indiqué que l’organisation investissait pour bâtir, tester et développer des infrastructures de recharge rentables et qu’elle était prête à exploiter les leçons tirées ailleurs en Europe et ici en Amérique du Nord.

Si l’emplacement choisi pour ses dépanneurs du futur – en bordure d’autoroutes, par exemple – sera important, Hans-Olav Høidahl précise que l’organisation a jusqu’ici vendu 4700 bornes de recharge résidentielles. « Ça fait de nous le troisième fournisseur de bornes de recharge résidentielles en Norvège », dit-il.

CAPTURE D’ÉCRAN DU SITE DE COUCHE-TARD

Une dizaine de membres de l’équipe de direction ont fait des présentations mercredi à l’occasion de la journée pour les investisseurs organisée par Couche-Tard.

Le dépanneur du futur de Couche-Tard, qui peut par exemple être équipé de panneaux solaires pour réduire les coûts d’électricité, pourra compter une aire de relaxation où les clients pourront manger et se détendre, profiter d’un accès WiFi gratuit ainsi que de salles de bain plus spacieuses.

Il a aussi mentionné qu’il y avait une occasion pour vendre plus de produits aux clients dans ces dépanneurs, puisqu’ils passeront plus de temps à l’intérieur (de 15 à 30 minutes en moyenne, selon ce qu’on observe aujourd’hui dans les magasins pilotes) pendant que les batteries des véhicules se rechargent.

Rester discipliné

Le PDG Brian Hannasch a de son côté été clair au sujet des acquisitions.

« Les multiples d’évaluation observés récemment n’ont aucun sens. Au cours des trois ou quatre dernières années, nous avons décidé de laisser tomber plusieurs opportunités intéressantes. Je peux assurer que notre appétit est toujours là, mais les bonnes opportunités au bon prix ne se sont pas présentées récemment. Je travaille toutefois dans le domaine depuis suffisamment longtemps pour savoir que le vent finira par tourner, et nous serons prêts. »

Il a rappelé que les acquisitions ajoutaient plus que des magasins au réseau de Couche-Tard. Elles amènent des talents, du leadership, des concepts et des outils. Mais pour finir, dit Brian Hannasch, l’objectif numéro un des acquisitions est de créer de la valeur pour les actionnaires, et c’est notamment par la discipline qu’il est possible d’y parvenir.

Nous avons des critères d’évaluation précis à respecter et nous allons continuer de poser les bons gestes pour nos actionnaires, nos partenaires et nos clients pour la santé à long terme de l’entreprise.

Brian Hannasch, PDG de Couche-Tard

Continuer de consolider le marché américain demeure une priorité, a-t-il affirmé en soulignant que le Canada, l’Europe et l’Asie étaient aussi des marchés prisés.

M. Hannasch a également précisé que les clients de Couche-Tard pourraient bénéficier d’une combinaison des avantages concurrentiels du réseau de dépanneurs avec ceux de certains créneaux adjacents dans le commerce de détail. « Ça pourrait établir de nouveaux moteurs de croissance et générer des synergies significatives », dit-il.

« Jusqu’ici, nous avons concentré nos efforts pour comprendre les commerces pour voyageurs [dans les aéroports et les gares], les magasins à 1 $, les épiceries et la restauration rapide. Nous allons donc continuer de garder un œil attentif sur ces créneaux et évaluer le potentiel visant à mieux servir nos clients. »

Vers les 6 milliards de bénéfice d’exploitation

Rappelons qu’en début d’année, Couche-Tard a tenté sans succès d’acheter le géant français de l’alimentation Carrefour. Après avoir annoncé l’abandon du projet, Brian Hannasch avait dit en janvier qu’il avait convenu avec Carrefour d’explorer des partenariats potentiels.

« La conversation se poursuit », a-t-il dit mercredi. Il prévient cependant qu’il ne faut pas s’attendre à ce que ces discussions débouchent sur quelque chose de significatif sur la rentabilité de Couche-Tard.

Le chef de la direction financière, Claude Tessier, a quant à lui dit avoir bon espoir de voir Couche-Tard atteindre son objectif d’amener le bénéfice d’exploitation à 6 milliards US pour l’exercice financier 2023. Il a cependant précisé qu’au lieu d’y arriver 50-50 par la croissance organique et les acquisitions, la croissance organique compterait plutôt pour 60 % dans la réalisation de l’objectif.

L’action de Couche-Tard a cédé 1 % mercredi pour clôturer à 46,41 $ à la Bourse de Toronto.