Les deux plus grands chemins de fer du Canada restent à couteaux tirés au sujet de la première acquisition ferroviaire importante aux États-Unis en plus de 20 ans, alors que la date limite pour les commentaires du public sur la fiducie de vote du Canadien National (CN) pour Kansas City Southern touche à sa fin.

Ross Marowits La Presse Canadienne

Le Surface Transportation Board des États-Unis a reçu des centaines de commentaires sur le regroupement proposé par la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada avec le petit chemin de fer américain d’ici la date limite de lundi.

Le CN, établi à Montréal, dit avoir bon espoir de voir sa transaction recevoir « toutes les approbations nécessaires » et culminer par la fusion des deux chemins de fer.

L’approbation réglementaire de la fiducie de vote du CN pour Kansas City Southern permettrait aux actionnaires de KCS de recevoir 325 $ US par action en actions et en espèces s’ils approuvaient la transaction sans attendre l’approbation de la transaction elle-même. KCS serait gérée de manière indépendante en attendant l’achèvement de l’examen du STB sur la transaction proposée.

Dans un document déposé lundi avant la date limite, le CN a indiqué avoir reçu plus de 1650 lettres d’appui pour son accord avec KCS, dont 940 pour la fiducie de vote.

« Ces lettres proviennent de clients du Canada, du Mexique et des États-Unis, de fournisseurs de tous les secteurs de l’industrie ferroviaire, de plusieurs des plus grands ports d’Amérique du Nord, d’associations commerciales, de chambres de commerce locales, de dizaines de maires et d’administrateurs municipaux, de nombreux législateurs, deux gouverneurs et 11 membres du Congrès », a affirmé le CN.

Le chemin de fer a également souligné les commentaires de l’ancien commissaire et vice-président du STB, William Clyburn Jr., et de l’ancien économiste en chef du STB, William Huneke.

Dans une lettre d’opinion du 8 juin, M. Clyburn a écrit que la fiducie de vote du CN tenait compte du « contrôle illégal » et de la norme « d’intérêt public » en vertu des nouvelles règles encadrant les regroupements du secteur ferroviaire, et faisait valoir qu’en tant que telle, la fiducie de vote devait être approuvée.

Le CN a indiqué qu’il aborderait les problèmes ou les préoccupations qui pourraient survenir au cours du processus réglementaire. Il peut répondre aux commentaires soumis avant le 6 juillet, avant que le régulateur n’évalue les soumissions.

Son rival, le Chemin de fer Canadien Pacifique (CP) a indiqué qu’il prévoyait de déposer des commentaires montrant que les coûts de la fiducie de vote du CN pour l’intérêt public l’emportaient sur les « avantages inexistants » de la transaction.

Le chemin de fer de Calgary a précisé qu’il poursuivait son propre processus de demande d’acquisition de KCS, même si le chemin de fer américain a abandonné une première offre présentée par le CP au profit de celle du CN, qu’il a jugée « supérieure ». Le CN a accepté de payer les frais de résiliation de 700 millions US de KCS au CP et de verser 1 milliard US à KCS si la fiducie de vote n’était pas approuvée.

L’offre d’acquisition du CN qui a été approuvée par le conseil d’administration de KCS évalue ce dernier à 33,6 milliards US. Le CP a indiqué que plus de 1000 expéditeurs et autres avaient écrit à l’organisme de réglementation des chemins de fer des États-Unis pour soutenir le rapprochement proposé par le CP avec KCS, ou pour s’opposer à la proposition du CN.

« Le CP croit que la période de commentaires publics, et les délibérations subséquentes du STB, détermineront le cours de la concurrence pour le secteur ferroviaire américain et le commerce nord-américain pour les 150 prochaines années », a-t-il écrit dans un courriel.