(Montréal) À l’issue d’une rencontre avec le ministre du Travail Jean Boulet, mercredi, le syndicat chez Exceldor s’est engagé à soumettre à ses membres une hypothèse de règlement élaborée par la conciliatrice, si la direction de l’entreprise accepte cette proposition.

Lia Lévesque La Presse Canadienne

Le ministre du Travail et de l’Emploi, Jean Boulet, a rencontré séparément les deux parties, mercredi, soit la direction d’Exceldor et le syndicat des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce, affilié à la FTQ.

Les 550 travailleurs du transformateur de poulet Exceldor, de Saint-Anselme, dans Chaudière-Appalaches, sont en grève depuis un mois, soit depuis le 23 mai.

Mardi, en séance de conciliation-médiation, la conciliatrice au dossier a soumis une nouvelle hypothèse de règlement aux deux parties.

Celle-ci a plu au syndicat, qui est prêt à la soumettre à ses membres pour qu’ils puissent voter. Mais l’employeur n’a pas voulu y répondre pour le moment.

« On va le proposer aux travailleurs vendredi, si l’employeur l’accepte aussi. On ne connaît pas la position de l’employeur sur la proposition déposée par la conciliatrice. On est en attente », a réagi Mario Masonneuve, président de la section locale 1991-P des TUAC, affiliés à la FTQ.

Joint au téléphone, l’employeur a fait savoir qu’il ne pouvait décider sur le vif, qu’il avait un conseil d’administration à consulter. Ses représentants sur place n’ont pas voulu s’adresser aux médias.

Les projecteurs se trouvent donc braqués, maintenant, vers l’employeur. Auparavant, ils étaient plutôt braqués vers le syndicat, qui avait refusé l’arbitrage suggéré par le ministre, alors que l’employeur l’avait accepté.

Boulet : les parties ont les outils

De son côté, le ministre Boulet a expliqué qu’il avait tenu à rencontrer les deux parties « pour les encourager à régler ce conflit dans les meilleurs délais possibles ».

Il a souligné que le gaspillage alimentaire qui en résulte a été dénoncé par plusieurs intervenants depuis un mois.

« Je considère que les parties ont tous les outils pour régler ce conflit-là », a-t-il ajouté.

Anouk Collet, conseillère principale au président national des TUAC-Canada, s’est dite encouragée, aussi, par le fait que le ministre aurait dit aux représentants syndicaux qu’il a rencontrés que même lorsque le conflit aura pris fin, il verra à les « accompagner » pour que les conditions de travail et les relations de travail y soient améliorées.

Selon la dernière offre qui a été dévoilée, l’employeur propose un salaire de 22,51 $ l’heure et le syndicat revendique 25 $ l’heure. Et les conditions dans lesquelles le travail est exercé, sous pression, sont également en litige.