(Saint Paul) La Cour d’appel du Minnesota a confirmé lundi les principales approbations des autorités réglementaires de l’État concernant le projet de remplacement de l’oléoduc de la canalisation 3 d’Enbridge, dans un différend qui a attiré plus de 1000 manifestants dans le nord du Minnesota la semaine dernière.

Steve Karnowski Associated Press

Un panel de trois juges a statué, dans un vote de 2 contre 1, que la Public Utilities Commission (PUC) indépendante de l’État avait correctement accordé à Enbridge le certificat et le permis de tracé dont l’entreprise canadienne avait besoin pour commencer la construction du tronçon de 337 milles (542 kilomètres) du Minnesota d’un projet plus vaste visant à remplacer un oléoduc de pétrole brut des années 1960 qui s’est détérioré et ne peut fonctionner qu’à la moitié de sa capacité.

Les opposants au pipeline peuvent faire appel de la décision devant la Cour suprême du Minnesota.

Des groupes tribaux et de lutte contre le changement climatique, ainsi que le département du Commerce de l’État, avaient demandé à la cour d’appel de rejeter les approbations. Ils ont fait valoir, entre autres, que les projections de la demande de pétrole d’Enbridge ne satisfaisaient pas aux exigences légales. Enbridge et la PUC ont répliqué que les projections étaient conformes aux règles.

Au moins 1000 militants de tout le pays se sont rassemblés sur des chantiers de construction près des sources du fleuve Mississippi au début de la semaine dernière. Ils ont appelé le président Joe Biden à annuler le projet, comme il l’a fait avec le pipeline Keystone XL lors de son premier jour de mandat. Près de 250 personnes ont été arrêtées, en plus des quelque 250 arrestations effectuées depuis le début des travaux en décembre. Un groupe plus restreint a défilé jeudi vers le bureau de Minneapolis de la sénatrice démocrate Amy Klobuchar.

Le remplacement de la canalisation 3 transporterait le pétrole des sables bitumineux canadiens et le brut ordinaire de l’Alberta au terminal d’Enbridge à Superior, dans le Wisconsin. Le projet est presque terminé, à l’exception de la portion du Minnesota, qui est achevée à environ 60 %.

Les opposants au projet de plus de 7 milliards US affirment que le pétrole lourd accélérerait le changement climatique et représente un risque de déversement dans les zones sensibles où les Amérindiens récoltent du riz sauvage, chassent, pêchent, cueillent des plantes médicinales et revendiquent des droits issus de traités.

Enbridge, établie à Calgary, affirme que le remplacement de la canalisation 3 permettra de mettre en place de l’acier plus résistant et protégera mieux l’environnement, tout en rétablissant sa capacité de transporter du pétrole et d’assurer des livraisons fiables aux raffineries américaines. Il a fait l’objet d’un rigoureux processus d’autorisation environnementale. L’ancienne ligne fonctionne actuellement à environ la moitié de sa capacité, car elle est de plus en plus sujette à la corrosion et à la fissuration.

Les militants s’engagent à s’opposer au projet tout l’été, alors que se poursuit l’escalade de la bataille sur les projets énergétiques et la prise de conscience croissante du fait que les minorités raciales subissent une part disproportionnée des dommages environnementaux. Ils établissent notamment des parallèles avec la lutte pour le pipeline Dakota Access, qui a fait l’objet de grandes manifestations près de la réserve de Standing Rock au Dakota du Nord et au Dakota du Sud en 2016 et 2017.