(Tokyo) Le conglomérat japonais Toshiba, ébranlé depuis la publication jeudi d’un rapport incendiaire sur ses manœuvres pour faire pression sur ses actionnaires, a annoncé dimanche qu’il se séparait de quatre responsables, dont deux membres de son conseil d’administration.

Agence France-Presse

Le groupe a retiré les candidatures de Junji Ota et Takashi Yamauchi, deux de ses administrateurs dont la réélection devait initialement être proposée lors de sa prochaine assemblée générale ordinaire le 25 juin, a-t-il annoncé dans un communiqué.

Toshiba a également renoncé à reconduire deux cadres exécutifs, Masayasu Toyoraha et Masaharu Kamo.

Ces deux derniers sont fréquemment cités dans l’enquête indépendante de trois cabinets d’avocats ayant examiné les circonstances troubles de la précédente AG ordinaire du groupe en 2020.

Cette enquête très détaillée (139 pages) a conclu que Toshiba avait « conçu un plan » pour empêcher certains actionnaires d’exercer leurs droits de proposer des résolutions et de voter lors de cette AGO, en agissant « de concert » avec des cadres du ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (Meti).

Cette AGO n’a par conséquent « pas été conduite équitablement », selon ce rapport.

Toshiba a déclaré dimanche qu’il prenait ces conclusions « au sérieux », s’engageant à « clarifier les responsabilités, prendre les mesures adéquates pour éviter que cela ne se répète, et apprendre de cette expérience pour améliorer la transparence » dans sa gouvernance.  

Le groupe s’était opposé pendant des mois à accepter le principe d’une enquête externe pour faire toute la lumière sur sa dernière AGO.

Ses actionnaires lui avaient finalement forcé la main lors d’une AG extraordinaire en mars de cette année, en forme de désaveu du directeur général du groupe Nobuaki Kurumatani.  

Ce dernier a démissionné en avril, alors que Toshiba était par ailleurs secoué par une offre préliminaire de rachat du fonds d’investissement CVC Capital Partners, restée depuis au point mort.

Après la publication de l’enquête indépendante, quatre administrateurs externes de Toshiba ont plaidé ces derniers jours pour une refonte totale de son conseil d’administration, selon plusieurs médias.

Toshiba a cependant souligné qu’aucun membre de son conseil ne s’était opposé aux décisions annoncées dimanche.

Mais il n’est pas certain que cela suffise à éteindre l’incendie. Selon plusieurs médias, les deux puissants cabinets de conseil Glass Lewis et ISS ainsi que le deuxième actionnaire de Toshiba, 3D Investment Partners, ont déjà réclamé plus de têtes.