« Nous pouvons sentir la confiance s’installer », a lancé André Desmarais vendredi en commentant la poussée boursière de l’action de Power Corporation.

Richard Dufour
Richard Dufour La Presse

Le président délégué du conseil d’administration du conglomérat financier montréalais a profité de l’assemblée des actionnaires de Power Corporation pour rappeler qu’il avait souligné il y a deux ans que le prix des actions rattrapait presque toujours la qualité des bénéfices.

« Ce processus est en cours chez nous », a-t-il dit.

Le cours de l’action de Power Corporation est en hausse de près de 30 % depuis le début de l’année et a touché vendredi son plus haut niveau depuis janvier 2008.

En clôturant la semaine à 37,52 $ vendredi à Toronto, l’action s’échange néanmoins toujours avec un escompte de 26 % par rapport à la valeur nette des actifs.

« On observe toujours un écart entre la valeur nette des actifs et la valeur boursière de sociétés de portefeuille comme Power », commente Jeffrey Orr, président et chef de la direction de Power Corporation. « Cet écart était de 34 % en moyenne entre 2015 et 2018. L’écart a diminué depuis, et en poursuivant notre stratégie, on espère le réduire davantage. »

Si les principales filiales de Power Corporation – Great-West, Financière IGM et Groupe Bruxelles Lambert – génèrent toujours une part considérable (environ 80 %) de la valeur d’entreprise, les plateformes de gestion d’actifs alternatives de Power attirent de plus en plus d’attention.

Plateformes alternatives

André Desmarais a souligné vendredi que ces plateformes alternatives représentaient un moteur de création de valeur « important » pour les actionnaires.

La récente inscription en Bourse du constructeur de camions et d’autobus électriques Lion est un exemple de la contribution des plateformes alternatives. Power est le plus important actionnaire de Lion, avec une participation de 38 %. La valeur des actions de Power dans Lion est évaluée à 1,2 milliard. Le montant initial de 53 millions investi par Power il y a quelques années a été multiplié par 22.

Le premier appel public à l’épargne réalisé ce printemps par l’entreprise montréalaise de télémédecine Dialogue est un autre exemple, bien qu’à une plus petite échelle. Le montant initial d’environ 5 millions injecté par Power pour aider Dialogue à démarrer ses activités vaut aujourd’hui près de 60 millions.

L’investissement dans Wealthsimple, une plateforme d’investissement en ligne, est également digne de mention. « Un véritable coup de circuit pour Power », commente l’analyste Nik Priebe, de la CIBC. Les 315 millions investis originalement par Power Corporation dans Wealthsimple valent aujourd’hui plus de deux milliards.

Jeffrey Orr souligne que les plateformes alternatives de Power comptent plusieurs dizaines de fintechs au potentiel intéressant et dont le développement sera à surveiller dans les prochaines années, bien que le patron de Power ne voie pas un autre Wealthsimple dans le groupe pour l’instant.

La performance des plateformes alternatives est d’ailleurs ce qui a permis aux résultats de début d’exercice présentés cette semaine de surpasser les attentes, souligne l’analyste Graham Ryding, de la TD.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Jeffrey Orr, président et chef de la direction de Power Corporation

Notre stratégie en matière de technologies financières nous a permis de détenir des sociétés qui remettent en question les modèles d’affaires existants dans le secteur des services financiers grâce à la technologie, l’innovation et l’attention portée à l’amélioration de l’expérience client.

Jeffrey Orr, président et chef de la direction de Power Corporation

« La stratégie a aussi mené à la création de Portage, qui représente maintenant l’une des principales firmes de capital de risque axé sur les technologies financières au monde, avec des investissements mondiaux dans des compétiteurs émergents et perturbateurs au sein des secteurs clés des services financiers sur lesquels nous nous concentrons », explique Jeffrey Orr.

Power détient également une participation de 28 % dans China Asset Management, l’une des principales sociétés de gestion d’actifs en Chine. « China AMC fournit à nos actionnaires une occasion d’accéder au marché de la gestion d’actifs qui connaît la croissance la plus rapide au monde et offre à nos clients la possibilité de participer à la croissance de la Chine par l’entremise des produits de placement que nous sommes en mesure de leur fournir. Dans une perspective à long terme, nous croyons que les Canadiens voudront avoir accès à cette importante économie », dit Jeffrey Orr.

Ceux qui guettent les nouvelles inscriptions en Bourse peuvent par ailleurs garder un œil sur Lumenpulse, entreprise de Longueuil spécialisée dans l’éclairage DEL de haute performance, et sur Peak Achievement Athletics, qui regroupe les fabricants d’équipement sportif Bauer, Easton, Maverick et Cascade. Ces deux entreprises du groupe Power sont des candidates pour un saut en Bourse à court ou moyen terme.

« Le but éventuel est que d’ici deux ou trois ans, on ait liquidé la grande majorité de nos positions dans Lumenpulse, Peak, Lion et GP Strategies », dit Jeffrey Orr. Les activités de ces quatre entreprises sont jugées non stratégiques.