Pierre Karl Péladeau a réitéré jeudi l’intérêt de Québecor d’étendre les activités de Vidéotron afin d’en faire un acteur national si les « conditions » favorables sont réunies.

Richard Dufour
Richard Dufour La Presse

La prochaine étape à franchir pour y parvenir viendra dans quelques semaines, car Vidéotron s’est qualifiée le mois dernier à titre de participant au processus de mise aux enchères de spectre dans la bande de 3500 mHz annoncé par Ottawa.

Le début de la mise aux enchères est prévu pour le 15 juin.

Ces enchères interdisent toutefois aux participants de commenter le dossier, ce qui ajoute une couche d’incertitude additionnelle à la spéculation entourant le dénouement du processus.

L’action de Québecor est d’ailleurs particulièrement volatile en Bourse depuis l’annonce de l’achat de Shaw par Rogers à la mi-mars.

« Le débat se fait autour de l’entente attrayante que pourrait obtenir Québecor pour se porter acquéreur des actifs sans-fil [Freedom Mobile] dont la nouvelle entité Rogers-Shaw se départirait, et des importants investissements potentiels que Québecor pourrait devoir faire pour rendre concurrentiel un opérateur de sans-fil autonome à l’extérieur du Québec face à Telus, Bell et Rogers », soutient l’analyste Jeff Fan, de la Scotia.

Pour ce qui est de l’intérêt de Québecor pour Freedom Mobile, Pierre Karl Péladeau a rappelé jeudi qu’un quatrième opérateur au Canada a procuré des prix beaucoup moins élevés qu’ailleurs où il n’y en avait pas, du moins certainement au Québec.

Ceux qui font de la politique savent que c’est une préoccupation importante de la part de leurs électeurs puisque presque tout le monde possède un cellulaire et tout le monde est attentif aux forfaits qu’il est appelé à payer.

Pierre Karl Péladeau, grand patron et actionnaire de contrôle de Québecor

« J’ai eu l’occasion d’indiquer notre intérêt pour Freedom Mobile et les conditions qui doivent y être associées. Déjà, en 2006 et 2008, le ministère de l’Industrie avait fait le nécessaire pour qu’il y ait de la concurrence au Canada et fait en sorte qu’il y ait une portion significative du spectre qui allait être alloué aux enchères qui puisse être réservée aux nouveaux entrants et c’est ce qui s’est produit. Le résultat par la suite était à la hauteur des représentations que nous avons faites à l’époque. »

Vidéotron compte aujourd’hui 1,4 million de clients dans le sans-fil après le démarrage de ses activités en 2008.

La valeur d’une franchise

Alors que Seattle fait son entrée dans la Ligue nationale de hockey (LNH) plus tard cette année au coût de 650 millions US (près de 800 millions CAN), Pierre Karl Péladeau n’a pas voulu s’avancer jeudi pour dire si Québecor est disposée à payer au minimum la même somme pour obtenir une équipe un jour.

La question est hautement hypothétique, a répondu Pierre Karl Péladeau au cours d’un point de presse organisé en marge de l’assemblée annuelle des actionnaires de Québecor.

Ce qui s’est passé à Seattle et la relation qui existe avec la Ligue nationale nous est entièrement inconnue. Il serait donc prématuré et inutile de répondre puisque la situation ne s’applique pas en ce qui nous concerne.

Pierre Karl Péladeau

Québecor a mentionné à plusieurs reprises son objectif d’établir une franchise de la LNH à Québec et avait dit en 2015 que l’entreprise allait participer au processus mis de l’avant par la LNH et présenter sa candidature afin de ramener les Nordiques à Québec. Las Vegas et Seattle ont depuis ce temps obtenu une équipe. Québecor est toujours le gestionnaire du Centre Vidéotron à Québec, un amphithéâtre conçu en tenant compte des critères de la LNH.

TVA Sports, propriété de Québecor, est le diffuseur francophone officiel de la LNH depuis le début de la saison 2014-2015, et ce, pour une période de 12 ans.

Performance de début d’exercice

La performance financière de début d’exercice présentée par Québecor jeudi s’avère d’autre part relativement conforme aux attentes, bien que l’analyste Vince Valentini, de la TD, souligne que janvier, février et mars ne furent pas le meilleur trimestre de l’entreprise.

« Les principaux indicateurs de performance de la filiale Vidéotron ne sont pas aussi impressionnants que ce qu’on a observé au cours des derniers trimestres », dit-il.

Son collègue Jérôme Dubreuil, chez Valeurs mobilières Desjardins, souligne notamment que la croissance du nombre de nouveaux abonnés au sans-fil déçoit compte tenu de ce qui est observé chez les concurrents.