Les femmes restent sous-représentées dans les conseils d’administration des sociétés canadiennes inscrites à la cote de la Bourse de Toronto, malgré l’introduction d’exigences de divulgation destinées à augmenter leur nombre, a conclu une étude menée par un groupe de réflexion d’Ottawa.

Denise Paglinawan
La Presse Canadienne

Le Conference Board du Canada a indiqué que même si des progrès avaient été enregistrés dans la proportion de femmes occupant des sièges dans les conseils d’administration, la cadence du changement demeurait lente.

« Il reste encore beaucoup à faire si nous voulons atteindre cet objectif de parité plus tôt », a souligné Susan Black, cheffe de la direction du Conference Board et autrice principale de l’étude, dans une entrevue.

En 2015, la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario et d’autres organismes de réglementation canadiens ont mis en œuvre une règle qui oblige la plupart des sociétés cotées en Bourse à divulguer le nombre de femmes occupant des postes clés, et à fournir des explications si elles n’ont pas atteint leurs objectifs.

Selon l’étude du Conference Board, les femmes ne représentaient que 15 % des personnes membres des conseils d’administration canadiens en 2018 — une augmentation de seulement quatre points de pourcentage par rapport à 2015, année où sept provinces et deux territoires ont introduit ces exigences.

« (Les) exigences améliorées […] n’ont pas réussi à accélérer l’entrée des femmes dans les conseils d’administration des entreprises », indique le rapport du Conference Board.

Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

Selon Mme Black, les chiffres démontrent qu’obliger les organisations à déclarer publiquement ce qu’elles font n’est pas suffisant pour changer les comportements et accélérer les progrès vers la parité dans les conseils d’administration.

L’étude a révélé que plus de la moitié des sièges du conseil d’administration devenus vacants en 2018 étaient allés à des hommes, et qu’environ le quart des sièges ont été laissés vacants ou éliminés.

Si les hommes et les femmes étaient nommés en vertu d’un ratio de 50 : 50, les conseils d’administration atteindraient la parité en cinq ans, a calculé Mme Black.

« La bonne nouvelle est que les femmes occupent toujours un quart des sièges dans les conseils d’administration ; la mauvaise nouvelle est que les femmes n’occupent qu’un quart des sièges dans les conseils d’administration », a-t-elle ajouté.

Mme Black a précisé que certaines approches que les organisations pouvaient adopter pour y parvenir consistaient à fixer des objectifs de diversité et des limites de mandat spécifiques au conseil d’administration, ainsi qu’à tenir une liste de candidats potentiels au conseil d’administration et à s’assurer que cette liste est diversifiée.

La recherche a été effectuée en compilant toutes les données de divulgation publique publiées par les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) de 2015 à 2018, qui comprenaient les données de 589 entreprises.

Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.