Stanley Ma entend se départir d’une fraction de ses actions de MTY. C’est la première fois que le cofondateur et président du conseil d’administration du franchiseur montréalais vendra des actions MTY depuis que l’entreprise est en Bourse.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

L’entrepreneur de 74 ans a fait savoir lundi qu’il entendait vendre jusqu’à 880 000 actions de MTY. Le moment où la transaction sera réalisée demeure toutefois inconnu. Au cours boursier actuel, ce bloc d’actions vaut une cinquantaine de millions.

Sa femme Claude St-Pierre — par ailleurs administratrice de MTY — et lui détiennent ensemble un peu plus de 5,4 millions d’actions, un bloc de titres qui vaut 300 millions de dollars au cours boursier actuel, c’est-à-dire l’équivalent d’une participation de 22 % dans MTY.

Même en vendant 880 000 actions, Stanley Ma demeurera le plus important actionnaire de MTY. Il restera aussi président et président du conseil d’administration. Après avoir vendu ces actions, Stanley Ma détiendrait personnellement toujours un peu plus de 4 millions d’actions de MTY, soit 16 % des titres en circulation.

Stanley Ma, qui a cédé le poste de chef de la direction à Éric Lefebvre il y a trois ans, dit vouloir vendre des actions pour motifs personnels, à des fins de planification successorale et pour soutenir des œuvres philanthropiques.

S’il n’a pas été possible de parler à Stanley Ma lundi, Renée St-Onge, chef de la direction financière de MTY, précise que Stanley Ma appuie plusieurs activités et organismes dans la communauté asiatique montréalaise avec des dons. « Notamment l’Hôpital chinois de Montréal, la télévision et la radio chinoises », dit-elle.

« Il fallait s’y attendre »

La vente prochaine d’actions par Stanley Ma ne surprend guère l’analyste Nick Corcoran, de la firme Acumen Capital. « Il fallait s’y attendre. L’action s’est stabilisée après une année volatile et ça donne l’occasion à de nouveaux investisseurs de devenir actionnaires », dit-il.

« Stanley Ma a bâti une très belle compagnie. Il est âgé de plus de 70 ans et déplace de façon tout à fait justifiée son attention vers la planification successorale et la philanthropie », ajoute cet expert.

Stanley Ma n’a jamais reçu d’options d’achat d’actions et sa rémunération a toujours détonné avec celle accordée aux dirigeants de sociétés publiques. À sa dernière année en tant que chef de la direction en 2018, son salaire annuel était de 426 000 $.

L’action de MTY a cédé 1 %, à 55 $, lundi à la Bourse de Toronto. Après avoir reculé jusqu’à 14 $ l’an passé au début de la crise sanitaire, le titre est maintenant de retour à son niveau prépandémie.

En dévoilant ses résultats de début d’exercice vendredi dernier, le franchiseur montréalais a confirmé son intention de recommencer à verser un dividende, racheter des actions et réaliser des acquisitions durant la deuxième moitié de l’année.

L’évaluation actuelle reflète le rebond anticipé des ventes dans les restaurants du groupe cette année, soutient l’analyste Derek Lessard, de la TD, dans une note envoyée à ses clients lundi.

MTY chapeaute près de 7000 établissements de plus de 80 enseignes comme Bâton Rouge, Café Dépôt, La Crémière, Houston, Sushi Shop, Valentine, Thai Express et bien d’autres. Le chiffre d’affaires du réseau de MTY s’est élevé à 3,5 milliards pour l’exercice financier 2020.

Les lettres MTY sont tirées des premières lettres des noms de famille des trois fondateurs : Stanley Ma, Kenneth Toye et Stanley Yee.