La pandémie de COVID-19 a convaincu plusieurs consommateurs de s’acheter une bicyclette, mais la société montréalaise Dorel affirme avoir eu du mal à répondre à la demande.

Anita Balakrishnan
La Presse Canadienne

« La COVID-19 a été le catalyseur qui a incité de nombreux nouveaux consommateurs à se tourner vers les vélos et nous nous attendons à ce que cette demande continue de croître », a observé le chef de la direction des Industries Dorel, Martin Schwartz, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes.

M. Schwartz a souligné que les vélos électriques étaient en train de devenir les produits les plus vendus du fabricant, principalement en Europe.

« C’est une excellente nouvelle, mais les problèmes actuels affectent l’ensemble de l’industrie du vélo. Une pénurie de pièces de vélo entraîne de très longs retards », a-t-il affirmé.

Dorel, qui possède des marques de vélos telles que Schwinn, Mongoose et Cannondale, a ajouté qu’il y avait également une pénurie des conteneurs d’expédition qui assurent la livraison des produits de l’autre côté de l’océan Pacifique.

La société, qui fabrique également des meubles et des produits pour les jeunes enfants, affirme que sa perte nette a augmenté au quatrième trimestre de l’année dernière en raison de pépins fiscaux et de problèmes liés à la chaîne d’approvisionnement.

Les dirigeants ont indiqué aux analystes que malgré la montée en flèche de la popularité des vélos et l’espoir d’une gamme d’articles pour la maison liée à la série télévisée « Queer Eye », certaines tendances attribuables à la COVID-19 n’avaient pas aidé l’entreprise. Par exemple, la baisse des taux de natalité et les confinements ont eu un impact sur la demande de sièges d’auto et de poussettes.

« La COVID-19 a toujours un impact sur le comportement des consommateurs, tandis que nos segments du sport et de la maison bénéficient d’une demande plus élevée », a précisé M. Schwartz.

Il a ajouté que les coûts des produits de Dorel avaient augmenté en raison de la disponibilité des conteneurs, la hausse des coûts des produits de base et les taux de change avec la Chine.

La société a affiché une perte nette de 22,9 millions US, ou 70 cents US par action, pour son trimestre clos le 31 décembre, comparativement à une perte de 639 000 $ US, ou 2 cents US par action, à la même période un an plus tôt.

Ses revenus trimestriels ont totalisé 704,4 millions US, un chiffre d’affaires en hausse par rapport à celui de 653,4 millions de la même période un an plus tôt.

Sur une base ajustée, Dorel a perdu 55 cents US par action au plus récent trimestre, comparativement à un profit ajusté de 7 cents US par action pour la même période en 2019.

Les analystes s’attendaient en moyenne à un profit ajusté de 30 cents US, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

Le fabricant des sièges d’automobiles pour enfants Safety 1st et des bicyclettes Schwinn a mis fin le mois dernier, dans la foulée de discussions avec ses actionnaires, à une entente qui prévoyait la fermeture de son capital.

Les dirigeants ont indiqué qu’ils travaillaient toujours sur un nouveau plan stratégique pour l’entreprise, mais ont prévenu que de tels plans pourraient vite devenir désuets étant donné l’évolution rapide de l’industrie.

Lors de la conférence téléphonique, les dirigeants ont indiqué que les actionnaires voyaient la valeur à long terme de la société, mais craignaient que les résultats financiers soient « cahoteux » et incohérents — et qu’ils devaient être prêts à ce que cela se produise le temps que la restructuration se poursuit.

« Il y a certainement eu une baisse des ventes en raison de la disponibilité réduite des conteneurs, ainsi que d’un environnement moins favorable pour le client et la géographie. Nous avons vendu beaucoup plus de produits à marge plus faible que lors des trimestres précédents », a expliqué le directeur financier, Jeffrey Schwartz.

« Nous avons également vu des augmentations de coûts significatives […] Donc, en mettant tout cela ensemble, nous avons connu un trimestre difficile, mais je pense que c’est derrière nous. »