(Montréal) Trois décennies après avoir fondé le fournisseur de services manufacturiers électroniques Varitron, Michel Farley aurait souhaité le confier à un repreneur québécois. Ce sont toutefois des intérêts américains qui contrôleront désormais l’entreprise établie à Saint-Hubert, en banlieue sud de Montréal.

Julien Arsenault
La Presse Canadienne

Après un processus qui s’est échelonné pendant environ un an, M. Farley, qui est également président du conseil de la société, a finalement opté pour la proposition d’East West Manufacturing, dont le montant n’a pas été dévoilé.

« Ce sont des sentiments partagés, a expliqué l’entrepreneur au bout du fil, mercredi, après l’annonce de la transaction. Tu es content parce que tu prends la bonne décision pour l’entreprise, mais c’est un deuil à faire. »

Fondée en 1991, Varitron compte quelque 300 employés et exploite également des usines à Granby, Mirabel et Bromont. Ses revenus annuels oscillent entre 65 millions et 75 millions. Elle devait souffler sa 30e bougie en août.

Détenue par Investissement Québec (IQ) à hauteur de 28 %, l’entreprise offre un bouquet de services de fabrication électronique. Elle se spécialise entre autres dans des secteurs comme la défense, l’aéronautique, le transport, la sécurité, les télécommunications, les systèmes automatisés et les équipements médicaux.

Le bras financier de l’État québécois était devenu actionnaire en 2012 après avoir injecté 4 millions dans la compagnie.

East West, dont le siège social se trouve à Atlanta et qui a vu le jour en 2001, fait des affaires dans le marché américain ainsi qu’en Europe.

Dans un communiqué, elle a fait valoir que cette transaction lui permettait d’ajouter des activités « bien établies au Canada » pour renforcer « ses capacités de fabrication d’équipements électroniques en Amérique du Nord ».

Au-delà d’une relève pour assurer la poursuite des activités, Varitron devait également procéder à d’importants investissements pour s’assurer de continuer à avoir des installations à la fine pointe de la technologie.

« On ne parle pas d’une affaire où on aurait réglé cela avec un montant de 2 millions, a dit M. Farley. Il faut plusieurs millions pendant plusieurs années. »

Le fondateur de Varitron a expliqué que toutes les pierres avaient été retournées dans le cadre du processus mis de l’avant l’an dernier. Aurait-il préféré laisser aller son entreprise à un repreneur québécois ?

« C’est certain, c’est ce qu’on aurait privilégié, a-t-il dit. Il y a plusieurs fonds et entreprises québécoises qui ont été sollicités et puis les offres reçues étaient de loin inférieures à la transaction annoncée. »

Dans un courriel, la porte-parole d’IQ, Isabelle Fontaine, a confirmé que la société d’État avait donné « son aval à la transaction » puisque les « repreneurs québécois potentiels n’étaient pas au rendez-vous ».

« Le processus de vente a été mené de manière rigoureuse afin d’identifier le meilleur acheteur et de préserver les opérations et les emplois au Québec », a-t-elle souligné.

M. Farley demeurera en poste pour une période pouvant atteindre deux ans. Il n’y aura pas de réduction d’effectif dans la foulée de la transaction et le siège social de Varitron demeurera à Saint-Hubert, a-t-il dit.