Nouveau Monde Graphite a reçu le feu vert du gouvernement du Québec pour aller de l’avant avec la construction d’une mine de graphite, d’un concentrateur et d’une usine de transformation qui produira des matériaux de batteries à Bécancour.

Publié le 10 févr. 2021
Hélène Baril
Hélène Baril La Presse

Le décret gouvernemental permettra le début de travaux estimés à 350 millions à Saint-Michel-des-Saints, où sont situés la mine et le concentrateur, et d’amorcer la production commerciale de graphite sphérique enrobé à Bécancour.

La production commerciale de matériaux de batteries pourra commencer dès cette année, dans une partie de l’usine d’Olin située dans le parc industriel. D’autres investissements de plusieurs centaines de millions sont prévus pour augmenter la capacité de transformation dans de nouvelles installations qui seront construites à Bécancour.

Si tout se passe selon les plans, Nouveau Monde Graphite deviendra la plus grande opération de graphite en Occident, selon son président-directeur général, Éric Desaulniers.

L’entreprise, qui compte la Caisse de dépôt et placement et la firme spécialisée Pallinghurst parmi ses actionnaires, vient de conclure un financement privé qui lui permet de faire avancer son projet. « On a 35 millions en caisse, précise Éric Desaulniers. Mais c’est sûr que plus tard dans l’année, on va avoir besoin de nouveau financement. »

Nouveau Monde Graphite examine plusieurs options, dont celle d’inscrire ses actions au NASDAQ. « On s’intéresse à une Bourse majeure, confirme le PDG. Le marché américain est en pleine ébullition et il y a beaucoup d’intérêt pour le secteur des véhicules électriques. »

Le titre de NMG a fini la journée de mardi à 1,99 $ à la Bourse de croissance canadienne, en hausse de 6,4 %. Depuis un an, le titre a varié entre 12 cents et 2 $.

Un producteur à bas coût

L’étude de faisabilité de Nouveau Monde Graphite prévoit que le graphite coûtera 382 $ US la tonne à extraire et pourrait être vendu sous forme de concentré à 1500 $ US la tonne. Une fois transformé en graphite sphérique à l’usine de Bécancour, sa valeur sur le marché pourrait atteindre 6800 $ US la tonne.

Le projet de Nouveau Monde Graphite a suscité de l’opposition à Saint-Michel-des-Saints, où on retrouve une concentration importante de villégiateurs. « On a un grand appui à Saint-Michel-des-Saints, assure Éric Desaulniers, mais un projet minier ne fait jamais l’unanimité. »

L’entreprise s’est engagée à respecter les recommandations du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, qui a examiné son projet. Elle fait valoir que la mine et les installations de traitement seront alimentées en énergie propre par Hydro-Québec et que sa localisation au centre du Québec lui donne un accès direct et stratégique aux marchés de l’Europe et des États-Unis.

Actuellement, le marché du graphite est concentré en Chine, qui produit 67 % des besoins mondiaux. Utilisé depuis longtemps comme produit réfractaire, le graphite est de plus en plus demandé chez les fabricants de batteries pour les véhicules électriques.

Selon Nouveau Monde Graphite, la demande mondiale de graphite pour les batteries augmente de 20 % par année depuis 2012, et l’offre deviendra insuffisante à compter de 2023.