De nouvelles voix s’élèvent contre la tentative du groupe qui souhaite fermer le capital de la société Industries Dorel alors que le vote prévu sur la récente proposition bonifiée doit se tenir la semaine prochaine.

Publié le 8 févr. 2021
Julien Arsenault La Presse Canadienne

Les deux principales agences de conseil aux actionnaires recommandent aux porteurs de titres du fabricant de vélos, de meubles et de produits pour enfants de rejeter l’offre de 16 $ par action émanant de la firme new-yorkaise Cerberus Capital Management.

Après Glass Lewis la semaine dernière, Institutional Shareholder Services (ISS) a emboîté le pas dans un rapport publié lundi, dans lequel elle souligne que l’environnement d’affaires actuel offre des « perspectives favorables » à deux des trois secteurs de la compagnie établie à Montréal.

« (Cela) suggère à tout le moins un redressement partiellement réussi, est-il écrit. Même si les actionnaires doivent être conscients que le succès de Dorel (comme compagnie indépendante) est largement tributaire de son exécution, l’offre actuelle ne semble pas suffisamment convaincante par rapport à ce scénario potentiel. »

Deux des principaux actionnaires de Dorel — la firme montréalaise Letko, Brosseau & Associés ainsi que le fonds californien Brandes Investment Partners —, qui détiennent ensemble environ 19 % des actions subalternes en circulation, ont déjà signalé leur intention de voter contre la proposition.

Ils estiment notamment que ce qui est sur la table sous-estime la valeur de Dorel.

« La polémique entourant cette transaction oscille autour de la question visant à déterminer si les évènements actuels constituent un tournant dans la performance de l’entreprise », a souligné ISS.

Par courriel, la compagnie a fait savoir qu’elle n’avait pas l’intention de commenter les rapports diffusés par les deux firmes.

La plus récente proposition de Cerberus Capital Management, présentée le 1er février, constitue une bonification d’environ 10 % par rapport à l’offre initiale de 14,50 $. Les titres détenus par la famille Schwartz, qui contrôle Dorel avec ses actions à droit de vote multiple et qui compte parmi ses rangs le grand patron de l’entreprise, ne font pas partie du nouvel arrangement. Celle-ci détiendra environ 26,7 % de la compagnie qui sera contrôlée par Cerberus.

En tenant compte de la dette qui sera assumée et d’autres éléments, la valeur de la proposition émanant de la firme new-yorkaise est d’environ 1 milliard US.

Les porteurs de titres doivent se prononcer le 16 février. La transaction doit être approuvée par au moins les deux tiers des actionnaires et une majorité des voix exprimées doit provenir de porteurs de titres qui ne sont pas des membres de la famille.

Dorel fabrique une variété de biens de consommation tels que les sièges d’auto pour enfants Cosco et Safety 1st, les vélos Cannondale et Schwinn, et des meubles de maison sous des marques telles que Dorel Living et DHP.

Au moment d’accepter l’offre de Cerberus, l’automne dernier, l’entreprise avait fait valoir que le cours de son action avait dégringolé de plus de 50 % au cours des cinq dernières années dans la foulée d’inquiétudes entourant notamment sa rentabilité volatile, les accords commerciaux ainsi que la pandémie de COVID-19.

À la Bourse de Toronto, lundi, l’action de catégorie B de Dorel a clôturé à 15,62 $, en hausse de 15 cents, ou environ 1 %.