St-Hubert lance de nouveaux produits en épicerie… sans poulet. La chaîne qui a fait sa notoriété grâce à son logo de coq à la crête rouge a décidé de prendre un virage végé en élaborant trois pâtés réfrigérés sans viande — nouvellement arrivés en supermarché —, dont un préparé avec du « poulet végétarien ».

Nathaëlle Morissette Nathaëlle Morissette
La Presse

« C’est une tendance dans laquelle on voulait s’inscrire. Il y a beaucoup de végétariens, de flexitariens, de gens qui veulent diminuer la quantité de viande qu’ils mangent », explique Josée Vaillancourt, directrice des communications et de la Fondation St-Hubert.

Mais la chaîne qui a fait sa renommée avec son poulet rôti ne craint-elle pas de dénaturer sa marque ou son image auprès des consommateurs ? « On le voit plus comme une innovation, répond Mme Vaillancourt. On trouve ça intéressant de se lancer là où les gens n’auraient pas pensé voir St-Hubert. Ça a toujours fait partie de [notre] ADN de présenter de nouveaux produits, d’être innovateurs, d’être à l’avant-garde. C’est certain que chez St-Hubert, on offre de la viande en grande quantité, du poulet notamment, mais on voulait pouvoir offrir des pâtés végétariens à notre clientèle. »

Rappelons qu’en novembre 2019, la chaîne a ajouté sur son menu restaurant des languettes végétales pour les clients qui souhaitaient avoir dans leur assiette quelque chose qui remplacerait les lanières de poulet panées.

Les trois nouveaux produits — le pâté au poulet végétarien, le pâté chili végétarien et le gratin végétarien poulet et brocoli — arrivent progressivement dans les réfrigérateurs des épiceries, ce jeudi, au coût d’environ 10 $.

Du « poulet végétarien »

Par ailleurs, la chaîne assure ne pas vouloir induire le consommateur en erreur en inscrivant l’expression « poulet végétarien » sur ses boîtes. « On a vérifié, affirme Josée Vaillancourt. Il n’y a pas de réglementation [voulant] qu’on ne puisse pas utiliser le mot “poulet” s’il n’y a pas de poulet. En même temps, on ne veut pas tromper les gens. C’est pour ça qu’on a quand même mis “sans viande” et qu’on a un visuel un peu différent de nos autres pâtés. Mais on voulait quand même qu’il y ait cette idée-là que ça ressemble à du poulet, ce qu’ils vont manger. »

Ce « faux poulet » est en fait « une protéine végétale ayant une texture, une forme et un goût similaire à de vrais morceaux de poulet », décrit-on.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

L’entreprise travaille sur ce lancement depuis près d’un an.

L’entreprise, qui travaille sur ce lancement depuis près d’un an, devrait développer d’autres produits destinés à la vente au détail au cours de la prochaine année, dont certains seront végétariens. Les produits offerts en épicerie représentent une « part importante » des ventes de la chaîne, confirme Josée Vaillancourt, qui refuse toutefois de chiffrer cette proportion. Et depuis le début de la pandémie, St-Hubert enregistre une croissance de ses ventes en supermarché. L’entreprise produit près de 156 articles destinés aux grandes surfaces sous la marque St-Hubert.

Couvre-feu

Pendant ce temps, en ce qui concerne ses restaurants, dont certains sont fermés depuis le début d’octobre, l’entreprise ne cache pas que le couvre-feu imposé par le gouvernement Legault a eu un impact sur ses repas à emporter.

« Ça se replace tranquillement sur le plan de la livraison, mais c’est certain [que le fait que les gens ne puissent plus aller chercher leur repas] après 20 h, c’est une baisse significative des ventes », admet Mme Vaillancourt. Et les livraisons, selon elle, ne compensent pas cette diminution.

Lors des premiers jours de couvre-feu, de nombreux restaurateurs avaient constaté que les commandes diminuaient considérablement après 20 h. Selon eux, le message voulant que les livraisons de repas continuaient en tout temps n’avait pas été entendu.