Après un « investissement de quelques dizaines de millions de dollars », la multinationale française Air Liquide a doublé sa production d’hydrogène à Bécancour.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Avec une capacité de 8 tonnes par jour, les installations québécoises pourront maintenant produire de l’hydrogène à l’échelle industrielle pour alimenter le marché en croissance du nord-est de l’Amérique du Nord, a fait valoir Bertrand Masselot, le président et chef de la direction d’Air Liquide Canada, lors d’une annonce virtuelle.

Le site de Bécancour accueille maintenant le plus grand électrolyseur au monde qui utilise la technologie d’échanges de protons (PEM) pour produire de l’hydrogène. Sa capacité de production de 8,2 tonnes par jour reste toutefois modeste comparée à celle de 30 tonnes par jour en construction par Air Liquide au Nevada.

L’hydrogène deviendra une filière développement importante pour le Québec, a souligné le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, qui annonce pour l’automne une première stratégie québécoise de production d’hydrogène vert. « On a beaucoup d’eau et beaucoup d’électricité », a-t-il insisté.

Partout dans le monde, la demande pour l’hydrogène produit avec de l’énergie verte est en forte croissance. Air Liquide, qui en produit depuis des décennies, investit depuis cinq ans dans la filière verte pour répondre à cette demande.

Le coût de production élevé de l’hydrogène reste un obstacle à son développement, mais à Bécancour, l’entreprise réussit à en produire à un prix compétitif, selon Bertrand Masselot, grâce notamment à l’électricité à bas prix d’Hydro-Québec.

Pour Hydro-Québec, qui veut se lancer dans la production d’hydrogène, l’augmentation de la capacité de production d’Air Liquide est une bonne nouvelle pour la décarbonisation de l’économie. « L’électricité peut faire beaucoup, mais ne peut pas tout faire », a souligné sa présidente-directrice générale, Sophie Brochu, qui participait à l’évènement.

L’hydrogène prend le relais pour électrifier indirectement ce qui ne peut pas l’être directement, a-t-elle ajouté.

Grâce à sa densité énergétique élevée et sa capacité pour stocker l’énergie, l’hydrogène est de plus en plus considéré comme la meilleure solution pour électrifier le transport lourd, comme les camions, les trains, les autobus et même les navires et les avions.