(Montréal) Alors que de plus en plus de consommateurs effectuent leurs emplettes en ligne, Amazon étend son empreinte au Québec en précisant ses intentions d’investissement, qui porteront sur un total de cinq sites et qui devraient créer plus de 1000 emplois.

Mis à jour le 19 janv. 2021
Julien Arsenault La Presse Canadienne

Quelques semaines après avoir inauguré un centre de tri à Longueuil, en banlieue sud de Montréal, la multinationale américaine a fait savoir, mardi, qu’elle en ouvrira un autre plus tard cette année à Coteau-du-Lac — son plus important dans la province avec une superficie de plus d’un demi-million de pieds carrés.

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Ces sites s’ajouteront à trois postes de livraison, qui constituent la dernière étape du processus entourant l’expédition des commandes.

« Nos nouvelles installations nous aideront à répondre à la demande croissante d’excellents produits et de délais de livraison plus rapides émise par les clients », a souligné dans un communiqué Jean-François Héroux, directeur de site pour Amazon Canada.

Celui-ci n’était pas disponible pour accorder des entrevues. Par courriel, un porte-parole de l’entreprise n’a pas voulu chiffrer l’ampleur des investissements effectués par Amazon dans la province.

Amazon avait inauguré son premier « centre d’opérations » au Québec en juillet dernier dans l’arrondissement montréalais de Lachine. Environ 300 salariés y travaillent.

Sans tambour ni trompette, les activités du premier centre de tri d’Amazon au Québec avaient démarré à Longueuil dans un complexe d’environ 200 000 pieds carrés.

Au-delà de 1000 personnes devraient travailler dans ces deux centres à terme, selon Amazon, qui a évoqué une « rémunération concurrentielle » de 16 $ l’heure pour les employés à temps plein, un « REER collectif », un régime d’attribution d’actions et des primes au rendement.

En ce qui a trait aux postes de livraison, les activités des deux premiers démarreront plus tard cette année à Laval et Lachine. Un troisième poste de livraison verra également le jour sur le territoire de l’île Jésus l’an prochain. Aucun détail n’a été fourni en ce qui a trait aux échéances entourant le démarrage des différents sites.

La multinationale a fait miroiter des « centaines de postes » à temps plein et à temps partiel.

Au cours d’un entretien téléphonique, le directeur général du Conseil québécois du commerce de détail, Stéphane Drouin, ne s’est pas alarmé de voir Amazon accroître sa présence physique dans la province, soulignant que le géant du web était déjà bien présent en ligne.

« C’est certain qu’Amazon représente une concurrence importante pour les détaillants québécois, a-t-il dit. Pour les détaillants du Québec, cela les oblige de continuer à implanter de nouvelles pratiques. »

Charles de Brabant, directeur exécutif de l’École Bensadoun de gestion du commerce au détail de l’Université McGill, a abondé dans le même sens, en estimant, en entrevue, qu’une présence physique d’Amazon au Québec était pratiquement inévitable.

Peu d’entreprises ont autant bénéficié de la crise sanitaire comme le géant américain, qui en profite donc pour accroître son empreinte, a expliqué l’expert.

« Je regarde le verre à moitié plein pour le Québec et du point de vue de l’économie, il y a de la création d’emploi », a dit M. de Brabant, en soulignant que la multinationale avait déjà été pointée du doigt dans le passé en matière de relation de travail.

La survie de nombreux commerçants n’ayant pas accéléré leur transition vers les ventes en ligne était déjà menacée avant la crise sanitaire, a-t-il ajouté. Leur sort n’est pas nécessairement attribuable à l’ajout de centres de tri et de postes de distribution par Amazon, a estimé M. de Brabant.