Après avoir enduré le choc de la pandémie, et malgré le resserrement des mesures sanitaires contre la deuxième vague, les entrepreneurs canadiens reprennent graduellement confiance dans la relance de l’économie et leurs perspectives d’affaires.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Dans son plus récent relevé des intentions d’investissement des PME, la Banque de développement du Canada (BDC) constate que l’humeur entrepreneuriale de leurs dirigeants s’est considérablement améliorée en fin d’année par rapport au trimestre précédent, alors qu’une majorité de répondants croyaient que l’économie se détériorerait encore au cours des mois suivants.

« C’est de loin le meilleur résultat trimestriel que nous ayons pu mesurer depuis le début de la pandémie », commente Pierre Cléroux, économiste en chef de la BDC, en entrevue avec La Presse.

« Même s’ils ne sont pas encore revenus à leurs niveaux élevés d’avant la pandémie, ce regain de confiance des entrepreneurs et la relance de leurs intentions d’investissement sont agréables à constater au terme d’une année difficile. Ça rehausse le potentiel d’une reprise économique forte lorsque s’atténueront les restrictions sanitaires de pandémie, avec la progression de la vaccination contre la COVID-19. »

La BDC est la principale société d’État fédérale d’aide au financement et à la capitalisation des PME en développement.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Pierre Cléroux, économiste en chef de la BDC

Elle divulgue ce lundi les résultats d’un sondage mené en décembre auprès d’un millier de dirigeants de PME dans les principales régions économiques du Canada.

Ce sondage trimestriel sert à mesurer le niveau de confiance des entrepreneurs dans l’économie, ainsi que leurs intentions d’investissement et leurs perspectives d’affaires pour les 12 prochains mois.

Ainsi, pour la première fois depuis le début de la pandémie, au printemps dernier, le coup de sonde trimestriel de la BDC indique que la proportion d’entrepreneurs qui s’attendent à une augmentation de leurs revenus d’ici 12 mois surpasse la proportion de ceux qui s’attendent encore à une diminution de leurs revenus.

La BDC constate aussi un net rebond des intentions d’investissement, alors qu’un nombre croissant de propriétaires d’entreprise indiquent qu’ils prévoient d’investir davantage en 2021 par rapport à l’an dernier.

Au Québec

Et c’est au Québec et dans les provinces de l’Atlantique que les intentions d’investissement s’améliorent le plus, alors qu’elles demeurent négatives dans les autres provinces.

« Je ne suis pas vraiment surpris que les entrepreneurs au Québec prennent de l’avance sur leurs intentions d’investissement, pour deux raisons principales », souligne Pierre Cléroux.

« Premièrement, avant la pandémie, le Québec avait une économie qui performait très bien, alors que les dernières années ont été très, très bonnes. Deuxièmement, le Québec est l’une des deux provinces – avec la Colombie-Britannique – dont l’économie s’est relevée le plus rapidement, l’an dernier, après le choc du premier confinement de pandémie », souligne M. Cléroux.

En dépit du resserrement des restrictions sanitaires, il n’est donc pas très surprenant que les entrepreneurs québécois s’avèrent encore les plus optimistes pour les perspectives d’affaires et leurs intentions d’investissement en 2021.

Pierre Cléroux, économiste en chef de la BDC

Parmi les autres résultats de son sondage trimestriel, la BDC constate que les entrepreneurs du secteur manufacturier et du secteur des ressources enregistrent la plus forte reprise de leurs intentions d’investissement pour la prochaine année.

Quant aux principaux motifs derrière ces intentions d’investissement, les entrepreneurs mentionnent surtout la recherche de gains de productivité ainsi que le rehaussement de leurs capacités de ventes et du marketing.

Et pour y parvenir, ils entendent donner la priorité aux investissements en technologies de production et de commercialisation, ainsi qu’à des moyens accrus pour l’embauche et la formation de main-d’œuvre compétente.